
La marge de manœuvre est étroite mais tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. C’est le credo que défendent les enseignants vent debout face au décret Glatigny, du nom de la ministre de l’Enseignement, dont le deuxième volet doit être voté le 27 mai prochain par le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Pour peser de tout leur poids, les professeurs se sont regroupés sous la bannière «Mars Attacks» qui représente actuellement un quart du secteur dans le sud du Royaume. Si la région bruxelloise et la région liégeoise sont davantage mobilisées, on ne reste pas les bras croisés en province de Luxembourg.
"On lance des actions symboliques comme celle en fin de semaine dernière où nous avons été corrigées des travaux d’élèves sur le marché à Virton afin de recréer du lien avec la population et de montrer que le travail d’un enseignant ne se limite pas à ses cours donnés mais s’étend aussi aux préparations en amont et aux corrections en aval", confesse Marylène Pierre, enseignante au Collège Notre-Dame du Bonlieu à Virton. "Virton compte quatre écoles secondaires: une Athénée, deux écoles techniques et une d’enseignement libre comme on disait auparavant. Trois d’entre-elles ont rejoint notre mouvement, ce qui montre l’intérêt commun car on a souvent opposé le libre à la technique par le passé", poursuit la coordinatrice du Sud de la Province pour "Mars Attacks".
L’échéance se rapproche et les actions se multiplient. Certains établissements ont prolongé les vacances scolaires qui viennent de se terminer par une grève, d’autres se signalent par des actions plus ponctuelles et la pression est constante sur le travail du Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles.
"En province de Luxembourg, nous interpellons Anne-Catherine Goffinet et François Huberty qui sont deux députés originaires de la notre région et qui appartiennent au parti Les Engagés, anciennement cdH et encore plus anciennement PSC. Un parti au pouvoir et qui a toujours mis l’enseignement au cœur de ses priorités", détaille Marylène Pierre qui donne deux exemples concrets de la mise en place de ce tronc commun.

"Il y a une volonté de créer des supers pouvoirs organisateurs par secteur comme par exemple sur le sud de la province de Luxembourg avec comme conséquence en raison de la faible densité de population, la possibilité pour un enseignant de donner 4 heures de cours à Neufchâteau le matin et 4 heures à Virton l’après-midi. On deviendrait des ‘’ubers’’ de l’enseignement. Puis il y a cette volonté de dispenser le même enseignement pendant les trois premières années secondaires, ce qui va créer un amoncellement d’inscriptions dans une école et une désertification dans une autre. Pourquoi dès lors se tourner vers le professionnel dès le passage au secondaire? Sans parler de la disparition de l’enseignement différencié. C’est-à-dire que des élèves à la peine seront contraints de suivre le rythme des meilleurs éléments au prix de souffrances psychologiques. Imaginez le tiraillement chez les parents. Certains seront irrités parce qu’on ne consacre pas assez de temps à leur enfant et d’autres s’agaceront parce que le programme n’est pas suivi à la lettre."
Cette réforme ne cache pas son objectif. Elle veut faire économiser 500 millions d’Euros à l’horizon 2029. Elle vise particulièrement l’enseignement et la culture. «C’est un mauvais calcul. A quoi ça sert d’investir des milliards dans la Défense si c’est pour saccager notre jeunesse?»
Sitting, flash mob: d’autres actions égayeront un mois de mai qui sent davantage le sapin que le muguet.