
La physiologie et le comportement spécifiques des enfants "les rendent particulièrement vulnérables à l'exposition chimique, avec de multiples effets négatifs sur leur santé" prévient le LIH, le Luxembourg Institute of Health.
Dans la présentation d'une étude luxembourgeoise "pionnière" parue cette semaine, ses chercheurs expliquent que les enfants sont régulièrement exposés à de nombreux polluants. Ces derniers peuvent être liés au développement de "maladies neurologiques, des problèmes de développement, des perturbations hormonales, des troubles respiratoires et cardiovasculaires, des cancers et l'obésité".
En récoltant les cheveux de 256 enfants résidents âgés de moins de 13 ans, ils cherchaient à identifier plusieurs substances, y compris des pesticides et d'autres produits chimiques, pour en déterminer la source. Un questionnaire leur a permis de déterminer les habitudes de vie de ces enfants, s'ils avaient des animaux de compagnie, ce qu'ils mangeaient...
"Les cheveux sont capables de stocker les substances chimiques mères et les métabolites pendant de plus longues périodes que l'urine et le sang, ce qui les rend particulièrement adaptés à l'étude de l'exposition chronique aux polluants" justifie le LIH. Sur les 153 composés testés, seuls 17 polluants n'ont été détectés dans aucun échantillon.
Les résultats sont sidérants: chaque enfant avait une médiane de "61 composés dans ses cheveux, allant de 29 à 88 par échantillon". La concentration la plus élevée était celle du bisphénol A (BPA), couramment utilisé dans la fabrication des plastiques.
Certains polluants interdits depuis plus de 20 ans en Europe mais qualifiés de "persistants" ont été trouvés "dans plus de la moitié des échantillons". Pour les chercheurs, "le fort passé industriel du Luxembourg, combiné à la longue durée de dégradation de ces produits chimiques, pourrait être à l'origine d'une exposition continue chez les enfants". Des pesticides ont également été fréquemment détectés dans tous les échantillons.
Selon le LIH, l'exposition aux polluants est "plus élevée chez les jeunes". De même, "les garçons sont plus exposés aux pesticides non persistants que les filles". "On soupçonne que cela est dû au dimorphisme physiologique et comportemental entre les sexes."
En revanche, les enfants ayant une alimentation essentiellement biologique présentent une concentration significativement plus faible de 17 types de polluants dans leurs cheveux.
Leur lieu de vie, plutôt en ville ou à la campagne, a également un effet sur le type de polluant auquel ils sont exposés, plutôt que sur la quantité.
Les chercheurs ont également constaté que la présence d'animaux domestiques à la maison exposait les enfants "aux produits chimiques présents dans les antiparasitaires appliqués sur les animaux", ces derniers présentant des risques tels que des réactions oculaires, cutanées et respiratoires, même en cas d'exposition de courte durée.