Plantes toxiquesLes dangers du séneçon de Jacob et du colchique d‘automne

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Même les belles fleurs et plantes colorées peuvent être toxiques et nocives pour les humains et les animaux.

C’est particulièrement vrai pour le séneçon de Jacob jaune ("herbe de Saint Jacques") et le colchique d’automne, qui poussent dans les prairies et le long des routes au Luxembourg.

Les agriculteurs le savent: ce sont des plantes toxiques qui, transformées en foin ou en ensilage et données aux animaux pour les nourrir, peuvent avoir des conséquences potentiellement mortelles. Mais les responsables de l’Administration de la Nature et du ministère de l’Agriculture sont conscients du problème.

Ces types de plantes existent évidemment depuis des siècles. Deux types de plantes qui, quand elles sont fraîches, ne sont pas consommées par les animaux à cause des substances amères qu’elles contiennent, mais ces dernières disparaissent lors de la fabrication du foin ou de l’ensilage, à la différence des substances toxiques. Le bétail les consomme donc dans les bottes qu’il reçoit pour nourriture, sans que quiconque sache quelle quantité de plantes toxiques renferment ces bottes.

Des contrôles sont bien effectués dans les entreprises agricoles, mais il s’agit évidemment toujours d’échantillons. Le service de Contrôle des aliments pour animaux de l’Administration des services techniques de l’agriculture (Asta), est en charge de ce contrôle. Si avant 2021, ce contrôle était simplement visuel, des analyses sont réalisées depuis par le Service de surveillance alimentaire du Laboratoire national de santé, d’une part et par la Fondation Hëllef fir d'Natur de Natur&Emwelt, d’autre part.

Neuf échantillons ont été analysés jusqu’à présent cette année, tant de foin que d’ensilage. Un très grand nombre de parties de plante du colchique d’automne ont été découvertes dans un de ces échantillons de foin.

Ce dernier avait été analysé après le décès d’un cheval chez une personne privée. La plante toxique pourrait être à l’origine de la mort de l’animal, ce qui montre sa dangerosité. Le service de Contrôle des aliments pour animaux de l’Asta a connaissance de ce cas.

Une publication de l’Administration de la Nature permet aux agriculteurs de s’informer afin de pouvoir identifier ces plantes toxiques et intervenir le plus vite possible pour éviter leur prolifération. Elle fournit des informations sur le fauchage mécanique du séneçon de Jacob et du colchique d’automne ou sur le recours à des outils chimiques quand il est permis.

Il faut aussi garder un oeil sur ces plantes toxiques qui poussent le long des 120 kilomètres de routes qui bordent des surfaces agricoles. Là, c’est l’Administration des Ponts & Chaussées qui est responsable. 1.330 hectares de terres agricoles sont potentiellement à risque dans ce contexte.

Toutes ces précisions sur le séneçon de Jacob et le colchique d’automne ont été fournies par pas moins de cinq ministres (Santé, Environnement, Mobilité, Agriculture et Intérieur) en réponse à une question parlementaire du député libéral Gusty Graas.

Il est encore précisé que la substance toxique (des alcaloïdes) contenue dans ces plantes ne constitue pas un danger direct pour les humains lors de la consommation de viande, de lait ou d’œufs. Le risque principal d’absorption de cette substance est la consommation de thé ou de miel contaminés, mais ce risque resterait très faible en raison des quantités plutôt négligeables. Ce sont donc les animaux qui sont touchés par les alcaloïdes que contiennent les deux plantes.

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