
La phase 3 a été déclenchée mercredi dans les hôpitaux luxembourgeois, ce qui implique que des interventions non-urgentes puissent être reportées. Cette phase serait une conséquence logique de l'occupation des lits. Cette décision se laissait entrevoir depuis une semaine, a expliqué jeudi matin le Docteur Philippe Turk sur RTL.
Le président de la Fédération des Hôpitaux luxembourgeois ne peut pas vraiment arriver à comprendre la critique de l'Association des médecins et médecins-dentistes (AMMD), selon laquelle les médecins ont été informés par la presse du déclenchement de la phase 3. Les médecins dans les hôpitaux sauraient précisément où ils en sont. Cette communication un peu chroniquement polémique ne serait pas très utile pour le moment. Ce qu'il faudrait, ce seraient des médecins qui collaborent et s'engagent, et cela nous l'aurions dans les hôpitaux, selon le Docteur Turk.
Actuellement 23 à 24 patients Covid sont hospitalisés en soins intensifs et 55 en soins normaux. La phase 3 se justifierait par le fait que la charge de travail des équipes serait tellement lourde que les autres activités ne peuvent plus toutes être garanties. Les personnes en danger seraient évidemment encore prises en charges et d'autres opérations importantes seraient bien sûr toujours effectuées, y compris des actes de chirurgie ambulatoire ou de chirurgie moins lourde.
Il serait très difficile de faire un suivi précis du nombre de dommages collatéraux dus au fait que des interventions chirurgicales sont retardées et que des patients se sentent en insécurité et donc ne se rendent pas à leurs consultations. Un certain nombre d'examens préventifs n'ont pas été réalisés pendant quelques mois et semaines l'an dernier, mais ils auraient été rattrapés en 2021. Il serait prétentieux de vouloir citer un chiffre.
Après deux ans de pandémie, un phénomène d'épuisement très fort serait constaté parmi le personnel. Pas seulement physique, parce que le travail dans des conditions difficiles, serait très intensif, mais aussi émotionnellement, parce que plus de patients décèdent en soins intensifs. C'est pour cette raison que le soutien de la population est le bienvenu. Le variant Omicron est évidemment préoccupant, mais ce que le personnel hospitalier considère surtout problématique, c'est le faible taux de vaccination. Le président de la Fédération des Hôpitaux luxembourgeois plaide bien sûr pour la vaccination, mais il ne souhaite pas prendre position sur la question de la vaccination obligatoire.