
Toutes les grandes manifestations ont été annulées, le nombre de participants aux réunions de famille ou entre amis est limité. Tout cela afin d'éviter la propagation du virus. Le LNS, le Laboratoire national de santé et le FNR, le Fonds National de la Recherche, ont voulu découvrir au travers d'une étude à quel point le confinement a influencé nos contacts sociaux.
Pendant et après le confinement, le LNS et le FNR se sont renseignés sur le nombre de contacts quotidiens de la population, afin de permettre l'analyse des effets du confinement sur les contacts sociaux.
D'après une étude qui remonte à 2008, les Luxembourgeois ont en moyenne 17,5 contacts sociaux par jour. Ce chiffre a chuté à 3,2 pendant le confinement, ce qui représente un recul de 80%.
"Nous pouvons affirmer avec certitude que pendant le confinement, les gens ont exceptionnellement bien respecté les directives. Nous n'avons pas été aussi strictement contrôlés que dans d'autres pays asiatiques et cependant la population a très bien respecté les règles. Cela a certainement été un facteur déterminant pour expliquer que la propagation du virus a été aussi bien contenue," selon Jean-Paul Bertemes, chercheur au FNR.
Les mineurs ont eu plus de contacts que les adultes. Les plus de 65 ans ont été les plus concernés par cette chute des contacts sociaux.
La nationalité joue aussi un rôle: "La communauté portugaise a eu un peu plus de contacts que la luxembourgeoise, et ensuite viennent les autres nationalités. Les Luxembourgeois et les Portugais étaient un peu au-dessus de la moyenne. Mais à présent, cela a changé, ce taux a baissé."
L'étude a été progressivement adaptée au déconfinement. Les chercheurs ont analysé si les contacts avaient lieu avec ou sans masque et où les gens se rencontraient. Les résultats de juin se distinguent de ceux de mai.
"Là, le nombre de contacts a très fortement augmenté à 7,1. Ce qui reste cependant toujours 60% en-deçà de la période pré-coronavirus. Cela signifie que nous ne sommes toujours pas dans une situation normale, mais c'est une forte hausse par rapport au confinement."
Pendant les mois d'été, les contacts ont légèrement augmenté pour atteindre 6,9.
"Pas tellement, pas encore jusqu'à présent. La crainte est pratiquement plus grande qu'avant. On est devenu prudent. Mais là où les mesures ont été levées, il y a à nouveau eu des contacts. On fait évidemment attention à qui on voit, donc à ne pas rencontrer des personnes totalement étrangères. Je n'ai plus vu autant de gens, il n'est plus possible non plus que nous nous retrouvions à autant autour d'une table, ce qui est aussi bien."
Comme la participation à l'étude était libre, plusieurs catégories sont sous-représentées. C'est notamment le cas des plus jeunes, des plus âgés ainsi que de certaines nationalités spécifiques. Si l'étude n'est pas statistiquement représentative, elle constitue un bon indicateur.