Dans une interview diffusée sur RTL Luxembourg le jour du Nouvel An, le Premier ministre Xavier Bettel a usé de mots très clairs pour qualifier les déclarations des divers opposants à la vaccination. Ainsi, il s'est opposé avec véhémence à la comparaison du meurtre de 6 millions de personnes, lors de l'Holocauste, avec la situation actuelle du Covid-19.
"Manifester est un droit", souligne Xavier Bettel, "mais ce qui s'est passé dans la ville le 4 décembre est inacceptable". Non pas parce que des gens se tenaient devant sa maison privée (la voiture du mari de Xavier Bettel a été endommagée le jour des manifestations), mais parce qu'il y avait un appel à la haine et à la violence.
Les manifestations du mois dernier ont montré qu'il y avait aussi une scène radicale de droite au Luxembourg, et que les personnes arrêtées par la police ne venaient des pays étrangers, mais du Luxembourg.
À l'instar du ministre de la Justice Sam Tanson, le Premier ministre a également annoncé une action en justice contre l'un des visages des mouvements de protestation contre les mesures du Corona. Jean-Marie Jacoby a tweeté à Noël que Sam Tanson et Xavier Bettel auraient été condamnés à mort par pendaison à Nuremberg en 1947. Cet appel à la violence aura des répercussions, a annoncé le Premier Ministre.
Menaces, insolences et insultes ne sont désormais plus rares, estime le Premier ministre. Il a expliqué être confronté à de telles situations tous les jours, mais il n'est pas prêt de reculer. "Les mesures ne seront pas retirées parce qu'il y a des menaces. J'ai une responsabilité envers l'ensemble du pays et je la prend très au sérieux."
"Il n'y a que des réponses communes à des problèmes communs", affirme le Premier ministre, convaincu qu'on ne sortira jamais de cette situation si chacun ne prend soin que de lui-même.
Le 5 janvier, les trois ministres désignés Yuriko Backes, Claude Hagen et George Engel prendront officiellement leurs responsabilités au sein du gouvernement, qui décidera ensuite de l'introduction de la vaccination obligatoire au Luxembourg. Une décision sera prise mi-janvier. Le Premier ministre a déjà demandé dans une lettre à la Chambre la semaine dernière d'organiser un débat de concertation début janvier.
Si le gouvernement se prononce en faveur de la vaccination obligatoire, Bettel se dit défavorable à commencer par les agents de santé. Selon lui, il faudra débuter par les personnes vulnérables, puis vacciner par tranche d'âge. Jusqu'à quel âge ? La question n'est pas encore tranchée.
Lors de cette interview sur RTL, le Premier ministre a également évoqué l'affaire de plagiat qui a agité le mois de novembre. S'il affirme ne pas savoir quand l'Université de Nancy communiquera, il a souligné qu'il n'aurait voulu à aucun moment changer de professeur. Il appelle le peuple à ne pas juger l'ancien étudiant Bettel mais l'actuel Premier ministre Bettel et le travail qu'il fait.
Quant à son propre avenir politique, il assure qu'il sera à nouveau disponible pour son parti en tant que premier candidat. "Je déborde d'énergie, même si les dernières semaines et derniers mois n'ont pas été faciles. J'aime toujours beaucoup mon travail."