
La pétition qui demande l'interdiction des battues sur le territoire luxembourgeois a été débattue à la Chambre des députés vendredi après-midi.
D'un côté on trouvait Mike Clemens, auteur de la pétition, épaulé par Daniel Frères, président de Give us a Voice, et de l'autre les élus des différents partis représentés au parlement luxembourgeois.
Pour appuyer leur demande, Mike Clemens et Daniel Frères ont pris l'exemple du canton de Genève où la chasse est interdite depuis 1974 suite à une initiative populaire menée conjointement par les milieux de la protection des animaux et le peuple genevois à l'époque.
Et d'après les autorités suisses, cette abolition aurait mené "à un bilan positif" et à une "gestion de la faune efficace et bien adaptée au contexte du canton et de sa population". Un exemple que l'auteur de la pétition aimerait émuler au Luxembourg.
"Les battues n'ont plus rien à faire dans notre monde moderne", a-t-il déclaré en qualifiant cette pratique de "barbare". A ses yeux, "l’abattage devrait toujours être une solution de dernier recours. Sans parler des animaux qui sont blessés par balles et qui se traînent pendant des kilomètres avant de mourir" a-t-il lâché.
S'appuyant sur les derniers bilans de la chasse au Grand-Duché, il a statué que les chiffres de étaient en forte hausse ces dernières années. Daniel Frères en a profité pour remettre en question les battues ordonnées par l'Etat luxembourgeois : "Combien d'animaux se trouvent dans nos forêts? D’où viennent vos chiffres? Comment savons-nous que nous avons une surpopulation de sangliers au Luxembourg? "

Martine Hansen (CSV), François Benoy de la Commission de l'Environnement et la ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg (déi Gréng), ont maintenu qu'une régulation était nécessaire au Grand-Duché, faute de prédateur naturel du sanglier dans la faune luxembourgeoise.
"Nous faisons face à une surpopulation de sangliers et à l'arrivée de nouvelles espèces au Luxembourg", a affirmé la ministre. "Les hivers plus doux, l'abondance de la nourriture pour les sangliers et une migration moins importante a mené à une surpopulation qu'il faut contrôler", a ajouté M. Benoy.
Les chiffres du gouvernement étant difficiles à réfuter, le pétitionnaire et M. Frères se sont montrés favorables à une chasse différente "menée par des chasseurs professionnels" qui "ne ferait pas souffrir les animaux inutilement".
Une idée à laquelle les députés et la ministre de l'Environnement ont répondu favorablement. "C'est plus une question de méthode que d'interdiction pure et dure", a réagi Carole Dieschbourg. "Nous devons revoir le règlement grand-ducal en question et l'améliorer" a-t-elle conclu lors du débat public.
Après délibérations, une interdiction des battues sur le territoire luxembourgeois a été exclue par les députés. Cependant, la présidente de la commission des pétitions, Nancy Kemp, a rapporté une volonté de "changer" et "d'améliorer" les battues.
Pour ce faire, les élus ont indiqué leur volonté d'améliorer la formation des chasseurs qui prendraient part aux battues, de rehausser le niveau de sécurité autour d'événements de ce genre et d'installer des filets de protection plus solides aux abords des autoroutes afin d'éviter des situations comme celle de l'été dernier où l'A7 avait été fermée suite à l'irruption de sangliers sur la chaussée.
Deux réunions vont être organisées afin de discuter de ces mesures et d'apporter éventuellement, de nouvelles réglementations autour des battues. Aucune date ne nous a été communiquée à ce stade.