Meurtre à coups de marteau"L'épouse n'a montré aucune émotion après les faits"

Diana Hoffmann
En mars 2022 à Heispelt, le corps sans vie d'un homme disparu depuis deux semaines, était retrouvé dans sa cave. Le procès de son épouse a débuté lundi devant le tribunal de Diekirch. La prévenue est accusée d’avoir battu son mari à coups de marteau, puis de l’avoir traîné dans la cave.
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Lundi après-midi au tribunal d'arrondissement de Diekirch, les experts ont dressé le tableau d'un mariage malheureux: un homme alcoolique de 57 ans et son épouse brésilienne, alors âgée de 38 ans, qui aurait été brimée par lui. Le couple qui avait une maison dans le petit village de Heispelt, non loin du Lac de la Haute-Sûre, était marié depuis neuf ans. 
 
Le 7 mars 2022, la police s'est rendue au domicile du couple. Le mari, qui avait des difficultés à se déplacer et ne pesait plus que 61 kilos, n'avait plus été vu au village depuis un moment. Le jour de la visite de la police, l'épouse a dit aux agents qu'il était allé faire des courses. Lorsqu'ils sont repassés plus tard, ces derniers ont fait le tour de la maison. Dans la cuisine, ils ont remarqué une porte devant laquelle se trouvait une table. "Nous lui avons alors demandé, si son mari était là en bas", se rappelle le commissaire, qui était sur les lieux. Elle a répondu "oui". Il lui a ensuite demandé s'il était mort. Là encore, elle a répondu "oui" sur un ton neutre et distant, selon le policier. Les fonctionnaires de police ont trouvé le cadavre du mari dans la cave. Il gisait sur une couverture imbibée de sang, le crâne défoncé. 
 
L'officier de la police technique a ensuite reconstitué ce qui s'est passé ce jour-là. La victime était assise sur son lit et a été attaquée par derrière avec un marteau. C'est ce qu'indiquent les traces de sang qui ont pu être rendues à nouveau visibles. "Ce n'est pas un petit marteau. Je dirais qu'il pèse 1 à 1,5 kilo", a dit la policière qui avait apporté le marteau dans la salle d'audience. La victime a été frappée à la tête au moins à six reprises. Elle a ensuite été placée sur une couverture et traînée jusqu'à la cave. Il est incontestable que l'homme était encore en vie à ce moment-là. Des traces indiquent qu'il a encore bougé lorsqu'il était dans le cave. 
 
Dans les premières heures de l’audience, il n'était pas encore clairement établi quand l'homme est précisément décédé. Ce qui est certain, c'est qu'à partir du 14 février, l'épouse a envoyé des messages avec le téléphone portable de son mari. Ces messages sont reconnaissables aux fautes d'orthographe. Au cours des jours et des semaines qui ont suivi les faits, la femme a vérifié la situation de son compte en banque sur son téléphone. Elle a également consulté des sites de vacances et des annonces immobilières au Brésil. 
 
Puis ce fut au tour du commissaire en chef d'être entendu comme témoin. Il avait interrogé l'épouse le jour de son arrestation. La femme avait raconté sans exagération ce qui s'était passé. Il n'y avait aucune raison de douter que ce n'était pas vrai. Elle avait également déclaré qu'un incident s'était produit avant les faits, au cours duquel son mari l'avait menacée avec un couteau. Ensuite il s'était rendu dans la chambre à coucher, où il avait été agressé par la femme. Elle avait aussi ajouté que son mari l'avait souvent agressée verbalement et physiquement et qu'il était constamment ivre. Il y avait déjà eu régulièrement des interventions de la police et du CGDIS auprès du couple, entre autres, parce qu'elle avait enfermé son mari à la cave. Lors d'une intervention, la femme avait visé les pompiers avec des godemichés. Le dossier médical de l’homme compte 11 entrées pour consommation d’alcool.
 
La femme a encore déclaré qu'après les faits, elle était allée régulièrement vérifier à la cave et que son mari était toujours en vie. Elle l'aurait toutefois déshabillé pour qu'il ait froid, parce qu'il l'avait déjà enfermée alors qu'elle portait des vêtements légers. Le procureur a alors voulu savoir la raison pour laquelle elle n'avait pas appelé une ambulance. Lors de son audition, elle avait déclaré ne pas en avoir eu la force, a expliqué l'enquêteur. "Pas la force d'appeler une ambulance, mais bien de chercher des vacances et des maisons", a répliqué le procureur.
 
Pendant que les experts témoignaient, la Brésilienne n'a cessé de parler entre les déclarations et les policiers lui ont demandé d'attendre son tour. L'accusée, de forte corpulence, était soigneusement habillée. Il semblerait qu'elle regarde souvent des articles de luxe sur son téléphone portable. Cependant elle ne travaillait pas, en tout cas pas depuis son mariage. L'héritage de la victime est désormais bloqué, selon l'enquêteur de la police, parce que l'épouse avait tenté de vendre la maison de la victime.

Le procès se poursuivra jeudi.

La présomption d'innocence s'applique également dans ce cas pour l'accusée.

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