
"Le Luxembourg est une société socialement juste et une perle sur la planète, prenez bien soin de notre pays", a-t-il confié aux députés comme dernier conseil.
Le ministre des Finances n'avait que de bonnes choses à dire dans son exposé sur le budget. Son image d'un ciel bleu au-dessus des finances publiques, où les nuages sombres se dissipent de plus en plus, l'aurait encore confirmée. Lorsque le gouvernement a pris ses fonctions en 2013, la soutenabilité des finances publiques n'aurait plus été assurée. Des mesures telles que le "Zukunftpak" (paquet pour l'avenir) auraient permis que le Pacte de stabilité et de croissance puisse être à nouveau respecté à partir de cette année. A cette époque, en 2013, le Luxembourg aurait aussi obtenu une mauvaise note du Forum Mondial de l'OCDE. Des règles auraient par conséquent dû être changées afin de pouvoir améliorer l'image internationale du pays. Le Luxembourg a figuré pendant deux ans sur la liste noire.
"Nous en sommes sortis en un temps record par rapport à tout autre pays, mais nous avons été pendant deux ans sur la liste noire. Si je peux vous laisser un message pour l'avenir: nous devons tout faire pour ne plus jamais figurer sur une liste noire" a expliqué Pierre Gramegna.
L'imposition des grandes entreprises serait plus juste avec le nouveau taux effectif minimum de 15%. Une initiative que nous soutenons. De tels efforts ont peut-être un peu remis en cause l'attractivité du pays, mais la place financière serait mieux aujourd'hui qu'elle ne l'était hier.
En 2020 et en 2021, l'Etat a dû faire des dépenses extraordinaires extrêmement élevées à cause de la pandémie.
"Globalement, depuis le début de la pandémie, le gouvernement a mobilisé 390 millions d'euros pour ces mesures sanitaires. Nous avons aussi acheté autant de vaccins que nous avons pu en trouver. A ce jour, 1,27 million de doses pour un coût d'environ 13 millions d'euros. Nous avons évidemment aussi mis en place des aides financières afin d'éviter qu'un grand nombre d'entreprises fassent faillite."
Cela inclut le chômage partiel, qui a été payé depuis l'année dernière et a coûté 810 millions à ce jour. Les aides directes aux entreprises des premiers mois se retrouvent dans le budget avec 105 millions d'euros et le Fonds de relance et de solidarité avec 260 millions.
Nous aurions globalement bien traversé la crise: "Nous sommes aussi un des pays qui est le plus vite sorti de la crise. Vous savez que l'an dernier, nous avons seulement eu une chute de 1,8% du PIB, là où la moyenne en Europe était de 6,5."
Pour 2021, le Statec prévoit une croissance de 7%. À la fin de cette année, les recettes devraient être supérieures de 10 % aux estimations du budget de cette année. Un déficit de plus d'un milliard d'euros subsiste cependant à l'Administration centrale pour 2021 et 2022.
Pour contrer à l'avenir encore les changements globaux, en plus des réformes structurelles, des investissements qualitativement élevés seraient nécessaires. En 2014, ces derniers équivalaient à 3,4% du PIB, ils sont aujourd'hui à 4,5%.
Pierre Gramegna présente sa solution: "Nous devons commencer, en Europe, à parler non plus de double transition, mais de triangle magique. L'un des côtés du triangle est la transition verte et climatique, un autre côté est la transition numérique et le troisième est la finance verte et soutenable. Sans un monde financier responsable et vert, nous ne réussirons pas ces deux transitions."
Pour transformer la finance, les portefeuilles des fonds d'investissements devraient être plus durables. Les banques devraient fixer elles-mêmes des priorités, pour arriver progressivement à zéro, et organiser ainsi une transition.