
Le huitième jour d'audience a été principalement consacré aux demandes d'indemnisation des parties civiles. Mais elles ont d’abord été précédées par un petit rebondissement. L’avocat du sculpteur en chef a voulu faire citer un nouveau témoin, qui s’était manifesté auprès du parquet lors de la première semaine du procès. L’homme n'avait répondu à aucun appel à témoins après l’accident, mais il a désormais indiqué par écrit avoir vu, une demi-heure avant l'accident, plusieurs enfants frapper la sculpture avec leurs pieds, au point que des morceaux s’en seraient détachés.
Mais il a fallu une semaine à l’homme pour formuler ce qu’il avait vu, si bien que son témoignage n’est arrivé sur le bureau du substitut compétent que mercredi dernier. Comme l’a indiqué le représentant du parquet lundi matin, cette communication était accompagnée d’un texte presque deux fois plus long rempli d’invectives sur la mauvaise éducation de nos jours, un écrit présentant des accents quasi complotistes. Mais surtout, la déclaration de ce nouveau témoin n’est corroborée par aucun autre témoignage fait directement après l’accident, ni par les nombreuses photos que des témoins avaient prises avant l’accident et mises à disposition de la police. C'est aussi ce que le substitut a répondu à l’homme par écrit. Il a mis en doute le fait que ce nouveau témoin ait réellement été présent à Luxembourg-ville le jour de l’accident.
Après une courte délibération, la Cour a décidé de ne pas convoquer ce témoin pour une audition. L’avocat du sculpteur y a toutefois vu la confirmation de la première réaction de son client après l’accident, à savoir que celui-ci ne se serait pas produit de manière spontanée.
La semaine dernière, les avocats de la défense avaient vivement critiqué le montant et la documentation des demandes de dommages et intérêts des parties civiles. Lundi, l’avocate de la famille a donc versé plusieurs pièces au dossier et a justifié le caractère adéquat des demandes. Cependant, les avocats de la défense ont été unanimes à estimer que ces éléments ne suffisent pas à étayer les montants réclamés. Selon l’un d’entre eux, ces demandes pourraient être justifiées… ou pas. L’avocate aurait dû faire son travail. Un autre est même allé jusqu’à demander au tribunal de corriger une erreur technique de sa part en faveur de la famille.
Le verdict de ce procès est attendu le 2 juillet.