Dans un contexte de hausse des prix de l’énergie, d’inflation et de perte de pouvoir d’achat, qui rappelle fortement la situation après le déclenchement de la guerre en Ukraine, Joëlle Welfring a déclaré lundi matin que le Luxembourg et l’Europe ont depuis réalisé des progrès, notamment en matière de diversification des sources d’énergie et de développement des énergies renouvelables.
La députée verte et ancienne ministre de l’Environnement était l’invitée de la rédaction de RTL lundi matin. Elle a souligné que, sous le précédent gouvernement, l’énergie solaire avait été fortement développée et que l’énergie éolienne avait été multipliée par six en dix ans. En parallèle, elle estime que le moment est désormais venu d’accélérer à nouveau la transition énergétique. L'élue des Gréng a appelé le gouvernement actuel à envoyer des signaux plus forts et plus clairs afin de soutenir les ménages dans leur transition vers des sources d’énergie indépendantes.
L'ex-ministre s’est également montrée critique à l’égard du nouveau Plan social pour le climat du gouvernement. De nombreuses mesures figuraient déjà dans le Plan national intégré en matière d'énergie et de climat de 2023, qui avait été élaboré sous sa responsabilité lorsqu’elle était ministre de l’Environnement. Mais des détails concrets feraient encore défaut, notamment concernant le leasing social pour les voitures électriques ou la création d’une société nationale de rénovation.
Pourtant, le leasing social a connu un grand succès en France, où des ménages modestes ont pu louer une voiture électrique pour 100 euros par mois. En l’espace de six semaines, plus de 50.000 personnes s’étaient inscrites. Il est vraiment regrettable qu'au Luxembourg, le gouvernement ne fournisse pas de davantage de détails, car il s’agirait d’une mesure qui profiterait aux personnes vivant dans les zones rurales, où les transports publics sont moins développés, ou à celles qui travaillent en horaires postés. L'élue verte dit demander régulièrement des précisions depuis deux ans et demi, mais se voit simplement renvoyée à des études, critique la députée.
Même concernant le programme d'aides Klimabonus, Joëlle Welfring estime qu’il y a des "signaux mitigés". Le programme existe depuis 2016, et, depuis lors, plus de 400 millions d’euros ont été investis en faveur de l’indépendance énergétique des citoyens, avec des aides pour les pompes à chaleur, les installations solaires, etc.
Le gouvernement actuel a déposé un nouveau projet de loi l’été dernier, dans lequel certaines aides pour les petites pompes à chaleur sont certes augmentées, mais d’autres subventions sont en revanche réduites, selon l'ex-ministre. Ce n'est pourtant pas le bon moment pour envoyer des signaux mitigés. C’est pourquoi les Verts ont déposé un amendement visant à introduire des aides supplémentaires de 2.000 euros pour les pompes à chaleur et les voitures électriques. Cet amendement a été accueilli positivement, mais le gouvernement souhaite désormais attendre la tripartite, ce qui signifie que cela pourrait encore prendre plusieurs mois. "Cela fait perdre un temps précieux. C’est ce que je regrette un peu. C’est maintenant que les gens ont besoin d’aide, et c’est maintenant qu’une réponse forte aurait dû venir du gouvernement."
Un autre grand sujet abordé lundi matin était la protection de la nature. Joëlle Welfring a reproché au gouvernement de vouloir surtout assouplir les règles en matière de protection de la nature. Selon elle, la réforme de la loi sur la protection de la nature, proposée par le CSV, ne conduira pas automatiquement à une accélération de la construction de logements, mais risque plutôt de détruire davantage de biotopes et de créer de nouvelles incertitudes juridiques.
Il y a quelques semaines, Joëlle Welfring, en compagnie de collègues de son parti, a fait tester son sang aux PFAS, les polluants éternels. Ces substances ont été détectées dans tous les échantillons. C’est pourquoi les Verts ont demandé des mesures plus rapides, en particulier dans les zones de protection des eaux potables.
La députée critique l'absence de ligne commune au sein du gouvernement entre la politique environnementale et la politique agricole. Le ministre de l’Environnement CSV, Serge Wilmes, aurait déclaré dans une interview qu’il ne souhaitait plus du tout de pesticides dans les zones de protection des eaux potables. Et la ministre de l’Agriculture CSV aurait ensuite affirmé ne pas partager cette position. Il ne s’agit "pas d’opposer l’agriculture à la protection de l’environnement, pas plus qu’il ne faut opposer la construction de logements à la protection de la nature". Il s'agit plutôt de "chercher et de trouver des solutions communes". "Et à entendre cela, nous ne sommes pas encore près de trouver une solution. C’est extrêmement regrettable ", a conclu Joëlle Welfring.