
Le gouvernement luxembourgeois veut construire plus et plus vite, mais pour le Mouvement écologique, la réforme de la loi sur la protection de la nature représente un risque pour la biodiversité. Contrairement aux déclarations du gouvernement, à terme, avec les nouvelles dispositions prévues, il n’y aura pas plus, mais moins de végétation dans nos villes et villages, selon Mouveco. Même l’accélération promise des procédures reste limitée.
Mouveco ne remet pas en question le fait que le Luxembourg a besoin de plus de logements, mais le texte de réforme de la loi sur la protection de la nature n’apportera pas beaucoup d’avantages, mais plutôt des détériorations, selon Blanche Weber, présidente du Mouvement écologique. La biodiversité et la qualité de vie de la population vont reculer:
“Nous avons une loi sur la protection de la nature. Elle a comme premier objectif de protéger la nature et si possible, d’améliorer l’état de la nature dans l’intérêt de la biodiversité et de la population. A nos yeux, avec ce projet de loi, ce sont précisément ces objectifs qui vont être piétinés. Il faut ajouter que nous considérons que certaines dispositions vont conduire à ce que leur fin, à savoir que l’on puisse construire plus vite, ne sera pas atteinte.”
Le gouvernement ne garantit pas que les surfaces vertes et la biodiversité détruites lors de la construction seront vraiment compensées de manière adéquate. Pour la construction, le gouvernement veut supprimer les inventaires d’espèces sous prétexte de simplifier les procédures. Claire Wolff, responsable pour la biodiversité chez Mouveco:
“Et nous disons ‘non’, il faut faire ces inventaires malgré tout, pour voir exactement ce qu’il y a là, afin de le protéger. Cela signifie que des inventaires doivent être réalisés, mais premièrement, ces inventaires doivent être effectués immédiatement au début d’un projet de construction, pour ne pas le retarder inutilement. Deuxièmement, certaines espèces devraient être relevées par l’État, pour que cela ne pèse pas sur les particuliers et si un tel inventaire à grande échelle est réalisé, on pourra directement prévoir des mesures de compensation, par exemple et c’est le troisièmement, la solution dans un plan vert d’une commune.”
Le Mouvement écologique ne voit aucun lien entre la destruction et la compensation des espaces verts et de la biodiversité dans le projet du gouvernement. En outre, il manque fondamentalement une base de données professionnelle du ministère de l’Environnement. La présidente de Mouveco:
“Je tiens également à souligner ici une fois de plus que le projet de loi n’a pas été discuté au sein des instances professionnelles compétentes. Il y a l’Observatoire de l’environnement naturel, où des experts accompagnent les ministres, il n’y a pas eu de discussion au sein de cette instance professionnelle. Et ne serait-ce que le fait que le ministre ne peut pas prouver que les compensations constitueront réellement une compensation pour la destruction, ne serait-ce que par le fait que cette preuve ne peut pas être apportée, il est absolument inacceptable que le ministre mette sur la table quelque chose comme ça, car cela devrait être au centre de tout cela.”
Si rien n’est modifié dans le texte de réforme, Mouveco a décidé de s’adresser à la Commission européenne et d’utiliser tous les moyens légaux pour s’y opposer.
Pour maîtriser la crise du logement, il faudrait, entre autres, promouvoir la rénovation des bâtiments anciens. Selon des estimations, 5 à 10% des immeubles au Luxembourg sont vides.