
Les actes et les interventions gynécologiques sans accord ou inutiles, seraient toujours un sujet tabou, a regretté la députée du parti "déi Lénk", Nathalie Oberweis, qui avait demandé un débat sur cette problématique à la Chambre. Il faudrait des changements de toute urgence.
Il ne s'agirait pas d'un débat contre les sages-femmes, les gynécologues ou les médecins, a souligné Nathalie Oberweis, mais il faudrait discuter des pratiques, des habitudes et des routines et elles devraient être remises en question. On disposerait malheureusement de peu de données:
"Le problème est évidemment aussi que de nombreuses femmes et parturientes ne sont pas conscientes de la violence. Beaucoup pensent que c'est ainsi. La violence a cela de particulier que, primo, la victime n'est pas consciente de la violence, car il y a souvent un glissement quand l'abus se passe, et secundo, que des femmes qui ont vécu cette violence, ne se plaignent pas, ne portent pas plainte, parce qu'elles ressentent souvent de la honte voire un sentiment de culpabilité, d'autres sont traumatisées et ne veulent plus penser au moment traumatisant."
Le parti "déi Lénk" a demandé qu'une enquête soit réalisée pour obtenir des données et éclairer ces phénomènes. Il ressort d'une enquête publiée dans "The Lancet", qu'au Luxembourg, il y aurait surtout un manque de communication et que les naissances seraient trop médicalisées: "31% des femmes ont un accouchement vaginal instrumentalisé, subissent une manoeuvre de Kristeller, bien que celle-ci soit hautement controversée, parce que le geste peut être dangereux, tant pour le bébé que pour la mère. Et il n'y a pas chiffres sur la manoeuvre de Kristeller lors des naissances naturelles, c'est-à-dire sans instrument. J'ose cependant affirmer et cela à partir de ma propre expérience et parce que j'ai parlé avec de nombreuses femmes, que la manoeuvre de Kristeller est aussi souvent réalisée lors d'accouchements non instrumentalisés. Du reste, nous avons un taux d'accouchement instrumentalement assisté relativement élevé: 16% là où la moyenne est de 10%."
La violence contre tout être humain serait intolérable, a affirmé la ministre de la Santé, Paulette Lenert:
"C'est pourquoi il est bon, important et juste qu'il y ait eu une mobilisation l'an dernier. Quelque-chose à thématiser, qui est aussi associé à la honte, où très souvent les femmes n'osent pas en parler, où on en rit ou on dit: "Ce n'est quand même pas si grave" ou "Ne sois pas aussi douillette."
Il y a un an, le Conseil scientifique a publié ses recommandations:
"Selon ces recommandations, la clé est une prise en charge adaptée, c'est-à-dire une sensibilisation et une information, des professionnels. Le patient a droit à une information respectueuse. La communication doit être au centre. Le patient doit comprendre ce qui lui arrive. Le principe de libre disposition du corps ne doit pas être oublié et doit nous guider pour une prise en charge sanitaire normale."
Depuis, des formations ont été réalisées par des experts pour sensibiliser les professionnels. La ministre de la Santé a salué la demande de déi Lénk, mais aussi d'autres partis, d'une "maison de la naissance". Une entrevue sur le sujet est prévue au ministère avant la fin du mois, selon la ministre.