
C'est l'une des conclusions d'une nouvelle étude du Cefis (le Centre d’étude et de formation interculturelles et sociales) et du Liser (l'Institut de recherche socio-économique). Les résultats de cette étude ont été présentés mardi par la ministre de la Famille, Corinne Cahen, et par les auteurs. Voici quelques chiffres: 4,3% des personnes interrogées ont dit qu'à leurs yeux, il y aurait une hiérarchie entre les races. 37% trouvent que le racisme a crû ces cinq dernières années. 30% craignent d'être elles-mêmes victimes de racisme ou de discrimination.
Que peut-on dire des cas prouvés? Sylvain Besch, du Cefis, a expliqué que là, il y a des condamnations. Mais cela, ce serait uniquement au niveau du racisme et pas des discriminations, car dans ce dernier cas, il serait problématique de démontrer un fait. L'identification serait "plus simple" au niveau du racisme ou des "discours de haine". Il y aurait très peu d'agressions graves sur la voie publique. En revanche, le racisme deviendrait plus sournois. Frédéric Docquier, du Liser, a cependant ajouté que deux tiers des victimes ne déclareraient pas de tels faits, parce que selon elles, cela n'apporterait rien ou serait trop compliqué.
Les auteurs de l'étude recommandent en conséquence davantage de sensibilisation sur la problématique, le durcissement du cadre légal, l'adaptation des institutions et l'amélioration de l'accueil des victimes. La ministre de la Famille, Corinne Cahen, a cité la réforme de l'assistance judiciaire qui pourrait encourager les victimes à dénoncer un acte de racisme ou de discrimination et elle a insisté sur des actions telles qu'une formation volontaire pour les fonctionnaires communaux. Donner plus de moyens au Centre pour l’égalité de traitement, le CET, ne serait pas nécessairement essentiel, selon Corinne Cahen. L'important serait que le CET ou une autre instance ait des juristes qui puissent accompagner les victimes.
Frédéric Docquier a évoqué une autre idée plus controversée, celle des "tests d’association implicite". En Italie, des images ont été montrées aux enseignants, qui ont ensuite dû dire spontanément un mot à leur propos. Il a ainsi été permis de découvrir si un enseignant avait des stéréotypes en tête et s'il aurait traité différemment des enfants issus de l'immigration. A ce propos, Corinne Cahen a assuré que le ministère de la Famille n'entreprendrait aucune étude dans les écoles sans que le ministère de l'Education y soit associé.
En ce qui concerne les discriminations à l'emploi et en matière de logement, les auteurs de l'étude proposent des "tests de situation". Il s'agit de tests où des chercheurs ou les autorités émettent des candidatures factices pour un logement ou un emploi et voient si les employeurs ou les prestataires les traitent différemment parce qu'elles émanent de personnes indiquant qu'elles ont la peau sombre ou ayant un nom arabe.
Corinne Cahen n'a pas voulu dire si de tels tests seraient réalisés ou non. Mais en fait, elle ne pouvait pas le dire, car alors les tests ne seraient plus secrets. Si de tels tests sont réalisés, nous ne le saurons que s'il y a des résultats. Ou pas. Cela ressemble à une petite mise en garde. Ou à un coup de bluff.