
Au pic de la pandémie, 50 patients Covid étaient en soins intensifs et environ 200 étaient hospitalisés. Actuellement 21 malades sont hospitalisés en soins normaux et trois en soins intensifs. C'est comparable à l'été dernier, alors qu'à cette époque, il n'y avait pas eu de vaccination. Comment l'expliquer? Quelles leçons ont été tirées jusqu'à présent de la pandémie?
Le nombre de patients en soins intensifs est comparable à l'année dernière, mais le nombre d'hospitalisations normales est inférieur d'environ 10 à 15 personnes si l'on compare les jours séparément. Cette évolution a également été constatée dans les hôpitaux. L'année dernière, environ 10 % des personnes hospitalisées étaient en réanimation. Mais cette proportion a maintenant augmenté de manière significative. Le docteur Bernd Schmitz, directeur médical du Pôle patients critiques au CHL:
"Globalement il y a moins de patients hospitalisés, mais parmi les hospitalisés, il y en a plus en réanimation, de sorte que nous avons eu jusqu'à 40-45% des patients hospitalisés qui étaient en réanimation. Au cours des deux derniers mois, nous avons eu en réanimation à nous occuper presque exclusivement de patients non vaccinés. Seuls deux étaient vaccinés, c'étaient en fin de compte aussi deux cas particuliers."
Car dans ces cas, la vaccination n'a pas pu avoir l'effet souhaité en raison d'antécédents médicaux, ajoute le docteur Schmitz.
De tels cas sont constatés au niveau des hospitalisations en général et pas seulement en soins intensifs. Le docteur Schmitz souligne encore:
"Une vaccination n'est pas une protection à 100%. Une vaccination ne dit pas 'si je suis vacciné, plus rien ne peut m'arriver' et que je ne serai pas malade. Ce que dit une vaccination, c'est que dans une fourchette de 90-95% (en fonction de chaque vaccin), vous aurez une forme plus légère. Ce qui signifie pour la plupart des patients, qu'ils ne seront pas dans un état si catastrophique qu'ils devront être pris en charge en soins intensifs. Ou qu'ils devront être hospitalisés. Mais ils pourront quand même être malades."
Selon le directeur médical du Pôle patients critiques, ce serait le variant Delta, plus contagieux, qui expliquerait que les chiffres de cet été soient comparables à ceux de l'été dernier malgré la vaccination.
Il y a aussi les contacts entre les gens qui ont augmenté en raison des mesures moins strictes. Cela a pour conséquence que le virus circule plus. C'est pourquoi les mesures devraient être adaptées si l'incidence augmente, selon le docteur Schmitz:
"Nous devons aussi adapter les mesures au risque tel qu'il est en réalité. Et ce sont évidemment les responsables qui doivent décider si le CovidCheck suffit lors d'un événement et si alors tout est bien. À mon avis, cependant, si un certain seuil est dépassé, des mesures supplémentaires devraient être prises."
Le CHL serait bien préparé en vue de l'automne et de l'hiver. Il pourrait vite réagir si un plus grand nombre de patients devaient à nouveau être pris en charge et cela ne concerne pas uniquement les patients Covid. Il faut néanmoins être prudent, car en hiver, les hôpitaux sont plus exposés qu'en été, même s'il n'y a pas de pandémie.
"Personnellement, je ne pense pas que nous puissions tout baser sur la campagne de vaccination et qu'on dise alors 'je suis vacciné et il ne m'arrivera plus rien'. Je pense que toutes les autres mesures, que nous avons prises ces 16-17 derniers mois, comme la distanciation physique, le lavage des mains, le port du masque, etc. sont toujours de mise et qu'elles vont aussi nous aider.
L'incidence ne dit pas tout, mais elle serait un indicateur avant la survenue d'une hausse des hospitalisations, selon le docteur Schmitz. Les mesures pourraient ensuite être adaptées en ce sens.