Attaque mortelle sur un terrain de footLe parquet a requis 18 ans de prison contre l'entraîneur

RTL Infos
Il y a plus de deux ans, un homme de 25 ans était décédé suite à un violent incident survenu lors d'un entraînement de football à Esch-sur-Alzette. Le procès de l'entraîneur des jeunes et du père d'une joueuse, poursuivis dans cette affaire, s'est poursuivi jeudi.

Les deux accusés ont témoigné

“Avec votre attitude, nous allons bientôt arrêter” et “on pourrait croire que vous n’avez pas encore compris la gravité de cela”, a déclaré le juge en direction du principal accusé. En effet, malgré les demandes continues, l’entraîneur ne pouvait pas expliquer pourquoi il avait saisi le couteau et poignardé à trois reprises l’homme qui était immobilisé à terre. Ce dernier était en effet allongé sur le ventre, une personne était assise sur lui. “Vous voyez cela comme de la violence. Je vois cela comme une réaction aux faits que j’ai vécus”, a tenté de se défendre l’ex-entraîneur des U13 de la Jeunesse Esch. Aucun signe de regret n’était toutefois vraiment visible chez lui.

Après une brève interruption de l’audience, son avocat a demandé la parole et affirmé que son client était nerveux. Il a demandé si celui-ci aura le dernier mot à la fin du procès. Le juge a répliqué: “S’il présente des excuses, cela ne m’impressionne pas. Pas après le dernier quart d’heure”.

Le deuxième accusé dit avoir voulu protéger l’homme à terre

Le deuxième accusé, père d’une footballeuse, a fait preuve de plus de retenue envers le juge. Il a exposé les faits de son point de vue. Comment la future victime, un réfugié irakien de 25 ans, était arrivée sur le terrain de football dans le noir avec deux couteaux et en simulant des coups en l’air. Les enfants s’étaient enfuis, avaient crié, étaient tombés. Mais dès que l’homme avait vu l’entraîneur, il n’avait eu d’yeux que pour lui. L’accusé a encore raconté comment lui, l’entraîneur et le demi-frère de celui-ci avaient tenté de maîtriser la situation. A un moment, l’homme s’était enfui, mais ils avaient couru après lui. Par crainte pour les enfants, comme l’a souligné l’accusé. Après tout, il ne savait pas où ils étaient tous passés.

Lorsque l’agresseur avait quitté le terrain, il était tombé d’un talus. A ce moment-là ou peu après, il avait jeté ses deux couteaux. C’est alors que lui, qui tenait une brique de trois à quatre kilos, et l’entraîneur, qui avait une poubelle pour se défendre, les avaient jetées et s’étaient précipités sur l’agresseur.

A partir de l’instant où celui-ci s’était retrouvé à terre, tout était allé très vite. Le père de la joueuse avait immobilisé l’homme et lui avait donné deux ou trois coups de poing. L’entraîneur et son demi-frère lui avaient aussi donné des coups de poing et de pied à la tête et sur le corps. A un moment donné, l’entraîneur l’avait frappé à la tête avec une pierre de 500 grammes. Une pierre, parce qu’il n’avait plus de force dans les mains, comme l’entraîneur l’avait déclaré au cours de l’enquête de police.

Alors que les deux frères maltraitaient l’homme, le père, qui était assis sur celui-ci, avait réagi. “J’ai dit, les garçons, ça suffit, c’est bon maintenant”, a déclaré l’homme alors âgé de 40 ans. Il s’était allongé sur le corps de la future victime, et avait encore reçu un coup de pied du frère de l’entraîneur, alors âgé de 16 ans. Quasiment au même moment, il avait ressenti les trois coups de couteau portés à la victime, il avait dit encore une fois que c’était bon maintenant. Ensuite l’entraîneur et son demi-frère s’étaient pris dans les bras et s’étaient enfuis. Lui s’était occupé de la victime jusqu’à l’arrivée de l’ambulance. L’entraîneur dément cependant cette étreinte.

L’entraîneur pense être un héros

“Il pense qu’il est un héros et c’est le problème”, a dit l’avocat de la famille de la victime à propos de l’entraîneur. Il aurait aimé parlé ce soir à la famille de la victime de regrets ou d’excuses, mais il n’y en a pas eu. L’avocat a encore insisté sur le fait que la scène où l’homme était allongé sur le ventre à terre, n’était pas dynamique. On ne peut donc pas parler de légitime défense ni de provocation.

Le procureur a requis 18 ans de prison à l’encontre de l’ancien entraîneur. Contre le père, qui avait jeté une brique sur la future victime et l’avait encore frappée lorsqu’elle était à terre, il a requis une amende et éventuellement une suspension du prononcé du jugement.

Le procès se poursuivra vendredi, la parole sera à la défense.

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