
Avec l'ancien directeur de l'Inspection générale des finances, Jeannot Waringo qui a contribué à déterminer la stratégie des chemins de fer luxembourgeois pendant plus de quarante ans et qui a été sollicité par le précédent gouvernement pour examiner l'organisation de la Cour grand-ducale, les sujets de discussion ne manquent pas.
Parfois, il faut remettre en question la vache sacrée pour pouvoir la préserver. C'est ce qu'a déclaré Jeannot Waringo dans l'émission "Background" de RTL, ce samedi, au sujet de l'indexation des salaires.
En théorie, selon les principes établis, tout salaire — aussi élevé soit-il — devrait être ajusté à l'inflation. Toutefois, selon l'ancien directeur de l'Inspection générale des finances, le moment est venu de parler du plafonnement de l'indexation automatique des salaires au Luxembourg. À partir d'un certain niveau de rémunération, une personne pourrait, selon Jeannot Waringo, renoncer à cet ajustement lié à l'inflation. Jeannot Waringo évoque un geste de solidarité.
Selon l'ancien directeur de l'IGF, le gouvernement CSV-DP a su gérer efficacement, grâce à de nombreuses mesures, les crises conjoncturelles ainsi que les répercussions économiques des conflits actuels.
Toutefois, il lui faut désormais s'attaquer de toute urgence et de manière rationnelle aux problèmes structurels, tels que la crise climatique, le vieillissement de la population, le logement ou encore le risque de pauvreté.
À son avis, il est également temps de rétablir l'équilibre des finances publiques. Le déficit de l'État, qui ne diminue pas, préoccupe Jeannot Waringo. À ses yeux, on assiste à l'émergence d'une société à deux vitesses, distinguant les fonctionnaires des salariés du secteur privé. Une évolution dangereuse selon lui, sachant que les effectifs de la fonction publique se sont accrus de 10.000 agents en dix ans, ce qui pèse lourdement sur le budget.
Le secteur privé n'est pas en mesure d'offrir des salaires d'embauche aussi élevés. C'est pourquoi Jeannot Waringo préconise la mise en place d'un système d'évaluation au sein de l'administration publique : le salaire de base ne serait pas nécessairement élevé d'emblée, mais pourrait être complété par des primes liées à la performance. Un modèle qui fonctionnerait bien aux CFL, selon son ancien président.
Jeannot Waringo, auteur du rapport spécial sur la Cour, estime que la Maison grand-ducale — créée à la suite de ce rapport — fonctionne bien en tant qu'administration. Se déclarant monarchiste, il affirme que la monarchie confère de la stabilité au pays.
Jeannot Waringo regrette que le Grand-Duc Guillaume réclame aujourd'hui la restitution du Grünewald, c'est-à-dire les 850 hectares de forêt. Il aurait attendu davantage de tact de la part du Grand-Duc et de ses conseillers sur ce dossier. Le gouvernement a réagi de manière appropriée : il ne souhaite pas résilier la convention relative au Grünewald avant 2034.
Il déplore également de n'avoir jamais reçu de remerciements de la part de la famille grand-ducale, alors même que son rapport a indéniablement aidé la monarchie dans sa modernisation, estime Jeannot Waringo.

Une liaison ferroviaire directe entre le Luxembourg et Bruxelles serait sans doute nécessaire, mais l'ancien président des CFL, Jeannot Waringo, n'y croit plus. Aujourd'hui, il regrette quelque peu que l'occasion de créer une ligne rapide longeant l'autoroute de la Sarre ait été manquée.
Jeannot Waringo était l'invité de Roy Grotz en studio le jour de son 74e anniversaire. Il est né le 11 juillet 1952. Le contact avec les autres a toujours compté pour lui, dès le début. À commencer par son père, artisan à Mondorf-les-Bains, qui y entretenait de nombreuses relations grâce à son petit atelier.
Plus tard, au ministère des Finances et surtout aux CFL, Jeannot Waringo a toujours apprécié de travailler en équipe. Durant son passage à la Cour, il a également eu l'occasion d'avoir une conversation approfondie avec le Grand-Duc Henri. Jeannot Waringo souhaite toutefois garder pour lui la teneur de cet échange privé avec le souverain.