
Il y a tout d'abord une "liste civile", qui finance d'une part une partie des frais de fonctionnement et de personnel de la Cour, et d'autre part une sorte de salaire pour le Grand-Duc.
Selon le rapport Waringo, il serait préférable de définir clairement que le Grand-Duc peut faire ce qu'il veut avec cette seconde partie de la liste civile, sans devoir en rendre compte. Cette part devrait aussi être intégralement imposée.
Cette liste civile remonte à la Constitution de 1948. A l'époque, il avait été retenu que le Grand-Duc recevrait 300.000 francs. Aujourd'hui, il s'agit d'environ 1,2 million d'euros.
Comme cela ne suffit plus depuis longtemps pour couvrir les frais du Grand-Duc, il reçoit des frais de représentation supplémentaires à hauteur de 744.000 euros.
Pour payer le personnel de la Cour, qui n'est pas déjà couvert par le budget de la liste civile, l'Etat verse 7,7 millions d'euros par an. Les coûts de fonctionnement, qui sont aussi pris en charge par l'Etat, s'élèvent à environ 726.000 euros.
Selon le rapport, il n'est pas toujours évident de distinguer quelles activités relèvent des obligations du Chef de l'Etat et quelles activités sont d'ordre privé.
Actuellement, on ne peut pas dire avec certitude si les activités de la Fondation du Grand-Duc et de la Grande-Duchesse et celles de l'association Stand Speak Rise Up n'ont pas aussi été en partie financées avec l'argent des contribuables.
Voilà pourquoi le rapport propose la création d'une deuxième entité: „La Maison du Grand-Duc“. On pourrait ainsi faire en toute transparence la liste des activités accomplies dans le cadre des fonctions officielles au cours de l'année. On saurait ainsi à quoi le budget a précisément été utilisé.
Il faudrait clairement séparer ce qui est payé avec la fortune personnelle et ce qui l'est avec l'argent de l'Etat. Jeannot Waringo critique également le fait que les règles officielles de comptabilité de l'Etat ne soient pas appliquées à la Cour. Les règles comptables et budgétaires de la Cour ne seraient en outre fixées nulle part.
En plus des frais de fonctionnement et de personnel, l'Etat finance encore une série de choses. Le ministère d'Etat prend par exemple à sa charge les voyages de la famille grand-ducale, ainsi que les diverses réceptions officielles de la Cour, ce qui représente en moyenne 250.000 euros par an.
D'autres frais sont pris en charge par d'autres administrations. Exemple: le ministère du Développement durable assume l'entretien et les travaux de rénovation du Palais du château de Colmar-Berg. L'addition atteint environ 1,6 million d'euros par an.
Du personnel des administrations publiques est aussi détaché à la Cour. Il y a ainsi deux personnes qui s'occupent de l'entretien technique au Palais, sept personnes ont la charge du parc du château de Colmar-Berg et une autre personne a été détachée de l'administration des Ponts-et-Chaussées à Colmar-Berg. Cela coûteen moyenne 660.000 euros par an au ministère du Développement durable.
Les frais de sécurité pour les résidences et les escortes de police sont pris en charge par le ministère de la Défense, mais ne sont pas comptabilisés dans le budget de la Cour, car l'Etat est responsable de la sécurité dans le pays.
Des adjudants de l'armée et des gardes du corps, qui sont détachés de la Police grand-ducale, doivent assurer la sécurité de la famille grand-ducale, qu'il s'agisse d'activités officielles ou privées. Là, la facture s'élève à environ 900.000 euros par an.
La Cour ne paye pas non plus ses frais postaux et téléphoniques. Ils sont intégralement pris en charge par Post. Cette disposition remonte à des lois datant de 1855, 1884 et 1885. Une réforme a été promulguée en 2000, mais la disposition selon laquelle la Cour ne doit pas payer ses factures de téléphone et les services postaux, a été maintenue. Ce qui représente un trou de 560.000 à 615.000 euros par an dans le budget de l’entreprise Post.
Si on fait l'addition, on peut dire que la Cour grand-ducale coûte à l'Etat et à ses citoyens près de 15 millions d'euros par an. L'auteur du rapport ne précise pas si c'est trop ou trop peu. Selon lui, ce qui serait important, ce serait de séparer clairement budget public et budget privé et que les finances de la Cour soient gérées avec plus de transparence.