LuxembourgGilles Roth reste attaché à la réforme fiscale et à l'évolution des rémunérations dans la fonction publique

François Aulner
adapté pour RTL Infos
Le ministre des Finances, Gilles Roth, était l'invité de la rédaction de RTL lundi matin. L'émission était consacrée aux finances publiques.
Gilles Roth dans l'émission "L'invité de la rédaction" le 6 juillet 2026.
Gilles Roth dans l'émission "L'invité de la rédaction" le 6 juillet 2026.
© François Aulner

"Un scénario n’est pas un automatisme" : c’est ainsi que le ministre des Finances a réagi lundi matin sur RTL à un nouveau rapport du Fonds monétaire international. Selon ce rapport, la dette publique luxembourgeoise pourrait atteindre 39 % du PIB en 2031 et le déficit budgétaire pourrait dépasser, d’ici trois ans, la limite européenne de 3 %.

Lundi matin, Gilles Roth a relativisé ces prévisions.

Il a indiqué les considérer "avec sérénité". Premièrement, il a rappelé que les scénarios qui étaient sur la table lors de l’entrée en fonction du gouvernement CSV-DP ne se sont jamais concrétisés. Deuxièmement, la dette publique luxembourgeoise demeure la deuxième plus faible d’Europe.

Les finances publiques sont "robustes", a affirmé le ministre des Finances, qui a également annoncé une hausse des recettes. Il peut s'imaginer qu'au cours des six premiers mois de l'année, celles-ci dépassent "largement un milliard d’euros" de plus par rapport à la même période l’an dernier.

La semaine prochaine, il présentera les chiffres précis à la Commission des Finances de la Chambre des députés. Secret fiscal oblige, il n’a pas précisé l’origine de ces recettes supplémentaires, mais il a souligné que la place financière était "dynamique" et indiqué que cela se reflète dans les recettes de l’impôt sur les sociétés.

Gilles Roth a toutefois exprimé une certaine prudence budgétaire en reprenant son expression favorite : "Et kann een net iwwerall d'Ham an der Mëllech kachen" (On ne peut pas faire cuire le jambon dans le lait partout), autrement dit, il faut savoir faire des choix.

Il souhaite maintenir un niveau élevé d’investissements dans les infrastructures, mais en les rendant "efficaces" et en les gardant "sous contrôle". Il faudra également évaluer le nombre de recrutements supplémentaires que l’État pourra supporter. Dans le même temps, il a tenu à rassurer la fonction publique : "Cela ne signifie pas que les salaires devront être réduits ou qu’ils ne pourront plus continuer à évoluer."

Faire "sortir le train du tunnel"

Concernant la réforme fiscale, qui coûtera environ 900 millions d’euros par an, le ministre des Finances a maintenu que, selon lui, cela ne constitue pas un coût supplémentaire, mais un "investissement dans le pouvoir d’achat des citoyens". Il a par ailleurs de nouveau exclu toute hausse d’impôts destinée à générer de nouvelles recettes, soulignant que les programmes électoraux du CSV et du DP ainsi que leur accord de coalition le prévoyaient ainsi.

À ses yeux, les hauts revenus supportent déjà une charge fiscale plus importante avec un taux d’imposition maximum de 45 % (avec l'impôt de solidarité), car 2,5 % des ménages génèrent à eux seuls près de 45 % des recettes de l’impôt sur le revenu.

Gilles Roth a également défendu les mesures issues de l’accord tripartite conclu avec le patronat et les syndicats, y compris l’adaptation du barème fiscal à une tranche indiciaire. Si le prix à payer pour préserver la paix sociale est de 430 millions d’euros sur deux ans, cela lui paraît "tout à fait acceptable", même si le prix du pétrole est entre-temps retombé sous les 72 euros le baril.

Lundi matin, Gilles Roth a surtout voulu partager son optimisme :

"La politique est l’art du possible. Il faut aussi tenir compte de la période. Nous pouvons, bien sûr, entrer en train dans un tunnel en temps de crise, puis attendre et nous lamenter qu’il fait nuit noire. Mais nous pouvons aussi veiller à faire sortir le train du tunnel et à le ramener à la lumière du jour. C’est précisément ce que ce gouvernement veut faire, avec les citoyens."

La "réserve pour les coups durs", que Gilles Roth réclamait régulièrement lorsqu’il était dans l’opposition, est toujours là. Elle est maintenue en renforçant le pays pour l’avenir.

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