"Nous paralyserions le pays"Le ministre explique pourquoi il n'y a pas de dispense généralisée des cours

Annick Goerens
adapté pour RTL Infos
La vague de chaleur actuelle et ses répercussions sur l'enseignement suscitent des discussions. Alors que certaines écoles primaires libèrent leurs élèves mercredi et vendredi après-midi, les cours se poursuivent dans d’autres établissements scolaires ainsi que dans les lycées.
Le ministre de l'Éducation Claude Meisch interrogé sur la canicule sur RTL Radio.
Le ministre de l'Éducation Claude Meisch interrogé sur la canicule sur RTL Radio.
© Annick Goerens

De nombreux parents, élèves et enseignants critiquent l’absence d’une ligne directrice uniforme de la part des autorités à propos des effets de la canicule dans les établissements scolaires. Dans une interview accordée à RTL, le ministre de l’Éducation, Claude Meisch, a toutefois relativisé la situation : "Il fait chaud pour tout le monde. Peu importe l'endroit où l’on travaille, que l’on travaille dans une école, que l’on fréquente l’école ou que l’on soit à la maison."

Le ministre a souligné que le ministère avait fixé des lignes directrices nationales. Les enfants particulièrement vulnérables, par exemple les très jeunes élèves, les enfants ayant des besoins spécifiques ou des problèmes de santé, peuvent rester à la maison et être dispensés de cours. Dans le même temps, il faut aussi tenir compte du fait que de nombreux parents dépendent de l’encadrement assuré par l’école. Une dispense généralisée à toutes les écoles en raison de la chaleur poserait d’importants défis à de nombreuses familles ainsi qu’au monde du travail. Il existe également une règle nationale selon laquelle les enfants, en particulier dans l’enseignement fondamental, doivent toujours pouvoir être surveillés. "Nous paralyserions le pays si nous disions simplement que tous les enfants restent à la maison, car les parents ne pourraient alors plus aller travailler non plus."

Pas de règle nationale, mais des décisions locales

Pour Claude Meisch, les situations sont trop différentes pour qu’une règle uniforme puisse être instaurée. Les écoles et les lycées fonctionnent différemment et les bâtiments présentent eux aussi de grandes disparités. C’est pourquoi les directions et les équipes sur place décident elles-mêmes de la manière de réagir. On constate ainsi que, dans de nombreux établissements, les cours ordinaires sont maintenus le matin, tandis qu’un système de surveillance est mis en place l’après-midi. Parmi les mesures possibles, le ministre cite notamment le déplacement des tests et des examens en matinée, ou d'éviter les salles de classe particulièrement exposées à la chaleur. "Heureusement, les examens de fin d’études des élèves de premières sont terminés, car nous aurions certainement eu des soucis si les épreuves avaient lieu en ce moment."

Les bâtiments scolaires sont équipés très différemment

Il faut également réfléchir au fait qu’il s’agit d’une semaine entière de canicule et non d’une seule journée, souligne le ministre. Il ne serait donc pas réaliste de suspendre les cours pendant une semaine entière à trois semaines des vacances d’été. Une telle décision aurait des conséquences sur les examens, l’organisation scolaire et la prise en charge des enfants.

Interrogé sur la question de savoir si le ministère dispose d’une vue d’ensemble de la situation dans les bâtiments scolaires, Claude Meisch a expliqué que les conditions varient fortement d’un établissement à l’autre. Pour les écoles fondamentales, les infrastructures relèvent de la responsabilité des communes. Pour les lycées, il existe également une grande différence selon que le bâtiment est récent ou qu’il a plus de cent ans. Toutes les écoles ne sont donc pas en mesure de se protéger contre la chaleur avec la même efficacité.

Pas de règles nationales prévues à l’avenir non plus

Bien que les épisodes de canicule soient appelés à se multiplier, le ministre ne voit actuellement aucune nécessité d’introduire des règles nationales. "Nous estimons que des règles nationales ne nous aideraient pas vraiment dans ce cas, car les situations sont très différentes."

À l’issue des concertations menées au sein de la cellule nationale de crise, il a été conclu qu’une dispense scolaire généralisée n’était pas la bonne réponse. Outre les conséquences pour la vie professionnelle et pour la société, il faut également tenir compte du fait que, certains enfants sont peut-être parfois mieux pris en charge et encadrés à l'école qu’à la maison. "Ce n'est pas comme si nous vivions dans un pays où chacun disposerait d’une piscine dans son jardin et d’un système de climatisation chez lui."

En même temps, Claude Meisch a reconnu qu’il faudra réfléchir à l’avenir à la manière de rendre les écoles plus résilientes. "Pour, d’une part, pouvoir continuer à assurer la continuité de l’enseignement et, d’autre part, pour pouvoir le faire dans des conditions humaines", a conclu Claude Meisch.

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