Luxembourg"Le manque de personnel , c'est le plus grand défi" de l'armée

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C'est en tout cas l'avis de Tom Braquet, le vice-président du Syndicat professionnel de l'armée, qui était l'invité de la rédaction de RTL jeudi.
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L'armée luxembourgeoise "est bien positionnée pour l'avenir en termes de budget et de diversité des missions", "mais il y a encore beaucoup de marge de progression en matière de recrutement, de planification et surtout d'attractivité de la profession", a déclaré ce jeudi Tom Braquet, le vice-président du Syndicat professionnel de l'armée (SPAL) au micro de RTL.

"Le manque de personnel dans l'armée luxembourgeoise est presque une tradition", doit reconnaître Tom Braquet. Ce qui s'explique de différentes manières. À commencer par le fait que "nous ne parvenons pas à pourvoir les postes vacants. Mais c'est aussi lié au fait qu' "il n'y a pas assez de personnes pour postuler au départ".

"Ces deux dernières années, 32 places étaient ouvertes pour des sous-officiers et nous n'avons réussi à en combler que 13. Tout comme nous avions 22 places pour des caporaux et dix ont été pourvues. Ça n'est pas assez pour répondre aux défis", auxquels l'armée doit faire face, prévient Tom Braquet.

Selon le vice-président du SPAL, "chez les militaires de carrière, l'examen est un gros problème". Le fait que l'armée soit en concurrence directe avec la police et le CGDIS est aussi problématique. La campagne de recrutement devrait être revue, mais c'est lié à la fidélisation des soldats qui devraient choisir de devenir militaire de carrière, "mais ça ne fonctionne pas très bien", à ses yeux.

Dans ce contexte, le syndicat attend également avec impatience la réforme annoncée de la loi sur l'armée, qui doit améliorer les opportunités de carrière au "Härebierg". L'Armée emploie environ un millier de personnes, dont 400 militaires de carrière. Pour le reste, il s'agit de volontaires et de civils. L'armée luxembourgeoise aurait encore besoin "d'au moins 100 soldats supplémentaires et 50 militaires de carrière." Le syndicat approuve le principe du bataillon belgo-luxembourgeois prévu dans le cadre des engagements de l'OTAN. Cependant jusqu'à présent, on n'aurait encore aucune idée du nombre de soldats luxembourgeois qui serait nécessaire à cette fin. Le ministre de la Défense et le chef d'Etat-Major ont cité des chiffres différents lors de la présentation du futur bataillon à la presse. Une chose serait toutefois certaine: "Il faut lancer au plus vite la machine à recruter, sans quoi ce sera très serré de trouver les gens qu'on cherche".

La loi dite "Rico" provoque aussi le découragement des syndicalistes. Il s'agit des compensations auxquelles les soldats ont droit pour les périodes d'entraînement. Un accord avait été trouvé en 2019 entre la Confédération générale de la Fonction publique (CGFP) et le ministre. Aujourd'hui, trois ans plus tard, tout cela serait jeté par-dessus bord sans raison. Une heure n'en vaudrait plus qu'une demie, et cela, le SPAL ne veut pas le laisser passer, selon Tom Braquet.

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