
Une étude récente sur le tabagisme au Luxembourg a révélé que 31 % des personnes au Grand-duché fument régulièrement ou occasionnellement ; parmi les 16-24 ans, ils sont 41 % à fumer.
Le nombre de fumeurs ne diminue pas forcément, explique Margot Heirendt, directrice de la Fondation contre le cancer. Les nouveaux produits à base de nicotine suscitent beaucoup d’inquiétudes : "Nous constatons que les jeunes sont effectivement attirés, et pour nous, cela représente bien sûr une porte d’entrée supplémentaire menant ensuite à la cigarette."
Ces produits contiennent souvent une forte dose de nicotine, ce qui peut amener le consommateur à développer une dépendance beaucoup plus rapidement. Cela entraîne le fait que la personne en ressent le besoin de plus en plus fréquemment, jusqu’à devenir dépendante, précise Margot Heirendt : "Et nous n’avons pas encore suffisamment d’études sur les effets à long terme sur la santé globale. Nous ne savons pas quels problèmes les cigarettes électroniques peuvent causer aux poumons. Par ailleurs, je sais que chez les jeunes, une forte dose de nicotine peut aussi entraîner de graves problèmes au niveau du cerveau."
Dans le cadre de la stratégie globale "Génération sans tabac", six mesures sont prévues, également envisagées par la Fondation contre le cancer :
Dans les lycées, il existe par exemple un "TabaCoffret". Il s'agit d'un outil pédagogique dont le contenu vise à faciliter les discussions à l’école, afin que la consommation de tabac puisse être abordée de manière informative et préventive.
La stratégie globale comprend également le projet "Communes sans tabac", qui vise à réduire le tabagisme passif au niveau communal, notamment en organisant des événements sans tabac. Pas moins de 21 communes participent déjà à ce projet.
Environ la moitié des fumeurs au Luxembourg aimeraient arrêter de fumer. Des consultations gratuites sont proposées par la Fondation, mais au Grand-duché, il n’est généralement pas si évident d’arrêter, explique Lex Schaul, professionnel de santé publique à la Fondation contre le cancer : "Actuellement, la plupart des gens essaient par eux-mêmes. Les études montrent toutefois que lorsqu’ils bénéficient d’une aide professionnelle et sont bien encadrés, les chances de réussir à arrêter de fumer sont bien plus élevées. Nous n’avons pas beaucoup d’acteurs qui proposent cela et, contrairement à d’autres pays, nous n'avons pas vraiment une structure organisée."
En même temps, au Luxembourg, les prix sont bas par rapport à d’autres pays. Des personnes viennent de l’étranger pour acheter leurs cigarettes au Grand-duché, car les prix ont augmenté ailleurs. Margot Heirendt précise : "Cela signifie que nous avons, vis-à-vis de l’extérieur, cette réputation, et nous l’avons encore constaté la semaine dernière lorsque nous étions à Milan pour une conférence européenne sur le tabac, où environ 900 collègues étaient réunis. C’est un reproche réel de la part de ces personnes, qui nous disent que nous sommes le 'bureau de tabac' de l’Europe, comme on dit. Et nous exporterions même le cancer." Il faudrait davantage interpeller le gouvernement : "Nous devons, en tant qu’Europe, traiter ce problème ensemble."
Le prix du tabac est trop bas au Luxembourg et devrait impérativement être augmenté. "Le gouvernement affirme souvent que ces taxes sont nécessaires pour les recettes. Mais il a été clairement démontré, par exemple en France, où les prix ont fortement augmenté, que les recettes fiscales ont malgré tout progressé. Cela ne peut donc pas être un argument. Pour nous, c’est plutôt une situation gagnant-gagnant."
La journée mondiale est notamment l'occasion d’informer les jeunes sur les stratégies marketing de l’industrie du tabac ainsi que sur la consommation globale de produits à base de nicotine. Selon l’Observatoire national de la santé du Luxembourg, la consommation de tabac est liée à 11 % des décès.