
Les organisateurs tirent un bilan plutôt positif de la Luxembourg Pride Week pendant laquelle plusieurs dizaines de milliers de personnes ont participé à diverses manifestations pendant dix jours. La "Pride March" (défilé des fiertés, NDLR) a même attiré un nombre record de 3.500 personnes à Esch-sur-Alzette samedi dernier.
"Ces "prides" ont encore toute leur importance, même en 2022 et au Luxembourg, afin de faire passer des messages politiques mais également pour partager et répandre davantage la culture queer tout en promouvant la visibilité de la communauté LGBTIQ+", explique Andy Maar de l'association Rosa Lëtzebuerg qui défend les droits des personnes homo-, bi-, transexuelles et intersexes.
"Au Luxembourg, on note encore pas mal de chantiers en matière d'égalité. Le mariage et l'adoption sont peut-être possibles depuis des années pour les couples de même sexe, mais la reconnaissance automatique des parents se fait toujours attendre. Quand un couple homosexuel a un enfant, le deuxième parent doit encore effectuer une procédure d'adoption, qui peut durer souvent durer très longtemps. Sans oublier le manque de "safe places" (des endroits sûrs, NDLR), des lieux sûrs où les personnes queer peuvent vivre comme elles sont, sans avoir peur d'être jugées, des lieux de rencontre et de partage. Dans l'histoire queer, il s'agit le plus souvent de cafés ou de bars, car il n'y avait pas d'autres possibilités, mais de nos jours, ces lieux pourraient très bien être des centres culturels par exemple", souligne Andy Maar.

Un autre défi concerne la CNS qui demande encore un rapport psychiatrique lorsqu'une personne essaie de changer de sexe. "Cela veut dire qu'une défaillance psychiatrique doit d'abord être diagnostiquée pour pouvoir avoir droit au remboursement, alors que la science confirme que cela n'est plus nécessaire depuis longtemps", regrette le membre du conseil d'administration de Rosa Lëtzebuerg qui demande que les sujets LGBTIQ+ soient davantage inclus et enracinés à l'école. Des établissements publics qui manquent également d'une troisième toilette pour les personnes qui ne se considèrent ni masculin ni féminin. "Il en est de même pour l'état civil où une troisième option de genre est nécessaire afin de rompre avec le système binaire", explique Andy Maar.
Le don du sang pour les hommes homosexuels a récemment connu une petite ouverture, avec le don de plaquettes même en cas de contact sexuel entre deux hommes les 12 derniers mois précédant la procédure, "mais les plaquette sont quand même conservées en quarantaine avant un deuxième test. Le don de sang complet est également possible, les tests nécessaires sont là, mais on attend un fond de compensation de la part du gouvernement", conclut Andy Maar.
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