
L'Europe devrait être le premier continent à devenir climatiquement neutre. Les émissions de gaz à effet de serre devraient donc être réduites à zéro d'ici 2050.
Mais cet objectif ne pourra être atteint que si la production d'énergies renouvelables est massivement augmentée au cours de la prochaine décennie. La demande sera si importante que de grandes quantités d'hydrogène, considéré comme une énergie verte particulièrement prometteuse, devront être importées. Lundi à Rotterdam, le ministre de l'Énergie a découvert plusieurs projets sur le terrain.
Le gouvernement néerlandais a ouvert la voie. Depuis Rotterdam, le plus grand port d'Europe, devraient être exportées 4,6 millions de tonnes d'hydrogène d'ici 2030. Soit plus de 40 % de l'hydrogène nécessaire dans l'Union européenne.

"Ici au port de Rotterdam, nous allons avoir notre propre production d'hydrogène vert. Et cela grâce aux parcs éoliens offshore en Mer du Nord. Mais ce port va également importer de l'hydrogène vert depuis le monde entier. Par exemple, nous travaillons en étroite collaboration avec des pays tels que le Chili et la Namibie, pour que dans quelques années, de l'hydrogène vert afflue dans le système néerlandais", a précisé Rob Jetten, ministre néerlandais du Climat, de l'Environnement et de l'Énergie.
Avec Rob Jetten a montré avec fierté la plus grande éolienne au monde à son homologue luxembourgeois . Juste à côté se prépare l'installation de 140 éoliennes offshore le long de la côte néerlandaise.
Alors que les ministres européens de l'Énergie discutent encore à Bruxelles des objectifs de l'Union européenne en matière d'hydrogène, plusieurs projets sont déjà mis en œuvre à Rotterdam pour importer et produire de l'hydrogène vert.
Là où il n'y a encore que du sable, les Finlandais de Neste, entre autres, qui sont spécialisés dans le raffinage, préparent l'avenir. Du biodiesel, du kérosène bio de deuxième génération, qui ne sont pas en concurrence avec la production alimentaire. Une technologie qui a besoin aussi d'hydrogène vert.
Une installation d'électrolyse de dernière génération est actuellement testée, développée par un consortium, dont fait partie le groupe luxembourgeois Paul Wurth.
En 2026, l'installation devrait être prête pour produire de l'hydrogène en quantités industrielles.
"Ce qui est bien pour nous en tant que Grand-Duché, c'est qu'avec Paul Wurth et sa joint-venture Sunfire, nous avons un acteur luxembourgeois, qui est impliqué dans ce processus industriel", selon Claude Turmes.
Dans un futur proche, des camions circuleront et des avions voleront avec des biocarburants de deuxième génération au Luxembourg. Le pays prévoit aussi une décarbonation de l'industrie, grâce à l'hydrogène. A l'avenir, de l'hydrogène pourrait être produit à Bascharage. Une infime partie de la demande. Raison pour laquelle Rotterdam jouera un rôle-clé.
''Ici en mer du Nord, les projets qui sont envisagés maintenant, les endroits où l'hydrogène pourra aussi être importé dans le futur, ce sont des projets d'un ordre de grandeur indispensable pour pouvoir mettre à disposition l'hydrogène dans des conditions compétitives", indique Pit Losch, responsable pour l'hydrogène au ministère de l'Énergie.
Des conteneurs spécialement développés au Luxembourg devraient dans un premier temps acheminer l'hydrogène au Grand-Duché par bateau, train ou route. Si possible, à l'horizon 2030, l'hydrogène sera acheminé au Luxembourg par un gazoduc.
La transition énergétique est en marche. Le Luxembourg et les Pays-Bas sont largement d'accord sur le type d'énergie à utiliser et à quel endroit.
Rob Jetten: ''Les Pays-Bas se concentrent principalement sur l'électrification. Pas uniquement pour le secteur des transports, mais aussi pour l'industrie. Nous utiliserons des e-carburants et des biocarburants pour l'aviation et le transport maritime. Mais si vous regardez les transports et principalement les voitures, le gouvernement néerlandais est très favorable à l'électrification.'"