Pas d'exportation vers la FranceLe Luxembourg doit envoyer ses boues d'épuration à l'étranger

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Le Grand-Duché envoie une grande partie des résidus de ses stations d'épuration à l'étranger afin d'y être brûlés. Une situation qui devrait évoluer à l'avenir.
© SIDEN

Le Luxembourg produit environ 24.000 tonnes de boues d'épuration par an, un chiffre qui devrait augmenter ces prochaines années à 55.000 tonnes par an. Ces boues sont envoyées en grande partie à l'étranger, car le Luxembourg ne dispose actuellement d'aucune installation publique permettant de brûler ces résidus.

Il faudra encore attendre au moins dix ans avant que la première centrale dédiée aux boues d'épuration ne soit mise en service au Luxembourg, selon les responsables du Syndicat intercommunal de dépollution des eaux résiduaires du Nord (SIDEN). Avec 150 collaborateurs et 35 communes adhérentes, il s'agit de la plus grande structure traitant les eaux usées du pays.

Ils expliquent qu'en raison d'une filtration toujours plus fine des substances problématiques, ces résidus ne peuvent plus être utilisés comme fertilisants ou transformés en compost.

Ces boues devront donc encore être exportées vers la Belgique ou l'Allemagne au moins pendant ces 10 prochaines années. La distance et le coût de cette incinération dépendent de la composition des boues d'épuration.

Plus elles sont problématiques, plus les installations adéquates sont éloignées. Le prix peut varier de 160 euros par tonne dans des installations proches du Luxembourg à 200 euros voire 250 euros pour les acheminer et les détruire plus loin, notamment à Hanovre en Allemagne.

LA FRANCE NE VEUT PLUS DES BOUES LUXEMBOURGEOISES

Des installations privées existent au Luxembourg, mais elles ne sont pas spécialisées dans cette matière. Leurs capacités sont également problématiques en raison d'une demande instable, parfois des camions de boues d'épuration doivent faire demi-tour car l'infrastructure ne dispose plus de capacités suffisantes. L'arrivée d'une telle installation publique est donc primordiale, car il n'est pas certain que celles basées à l'étranger acceptent encore longtemps les résidus luxembourgeois.

Aly Kaes, président du SIDEN, raconte qu'à l'époque "la Ville de Luxembourg ainsi que d'autres acteurs du sud du pays exportaient leurs boues vers la France jusqu'à ce que les autorités voisines ne ferment la frontière pour ce genre d'exportations. Le Luxembourg ne peut donc plus livrer ces résidus vers la France. Si la Belgique ou l'Allemagne devaient prendre une telle décision, nous serions bien embêtés avec notre tas de boue".

Le Luxembourg prévoit de construire trois à quatre installations de crémation et de récupération des éléments problématiques. Plusieurs sites sont dans le viseur des responsables, notamment là où la plupart des boues sont récoltées. Le SIDEN a déjà deux sites potentiels, près du rond-point Fridhaff ou à Bleesbruck, entre Diekirch et Bettendorf.

Ces nouvelles installations auront évidemment un coût, tant à la construction qu'à l'utilisation. En raison de l'augmentation des coûts énergétiques, le budget annuel du SIDEN est passé de 1,5 à 6 millions d'euros, ce qui pousse davantage les responsables à se tourner vers les énergies alternatives comme le photovoltaïque, l'éolien ou encore des centrales thermiques.

Suite à la situation en Ukraine, on se dit inquiet d'un éventuel blackout. Une interruption totale de l'électricité représenterait un réel problème sanitaire pour le pays.

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