
Si ce n'était pas encore clair, le gouvernement luxembourgeois le rappelle: il est "contre le principe de rétrocessions fiscales". Une petite phrase glissée par Xavier Bettel dans sa réponse à une question parlementaire des députés Laurent Mosar, Léon Gloden et Gilles Roth (CSV).
Tout est parti d'une visite de Franz Fayot de l'autre côté de la frontière. Alors en déplacement en France pour assister aux voeux d'un élu lorrain, le tout nouveau ministre de l'Économie avait évoqué en janvier l'intérêt de "parler des tous les sujets", y compris "la fiscalité". Une position qui ne colle pas avec la politique du gouvernement.
C'est finalement le Premier ministre qui s'est chargé du service après-vente... Et de la douche froide pour les États voisins. S'il reconnaît que le Luxembourg est effectivement le "moteur économique" de la Grande Région et veut "renforcer la coopération transfrontalière avec les États et les entités limitrophes", Xavier Bettel écarte le fiscal de cette coopération: "Les thématiques importantes dans le contexte de la politique transfrontalière sont multiples et touchent notamment la mobilité, la formation, les nouvelles formes d'organisation du travail et le développement territorial ainsi que les questions de l'énergie et de la protection de l'environnement."
Le Premier ministre en profite pour rappeler que la rétrocession fiscale vers la France ou l'Allemagne, c'est non."Le gouvernement s'est toujours prononcé contre le principe de rétrocessions fiscales et continue à privilégier le cofinancement des projets d'infrastructures dans les régions frontalières" écrit-il dans sa réponse aux députés.
Un discours qui botte en touche les velléités voisines d'obtenir un retour d'argent de la part du Luxembourg. À moins d'un improbable retournement de situation, la Belgique restera le seul pays à recevoir une enveloppe de plusieurs millions d'euros chaque année.