
Cela pourrait ressembler au script d'un film de science-fiction mais le ministre de la Défense est formel: "c'est bien la réalité, et cela fait froid dans le dos".
La Défense luxembourgeoise s'occupe du sujet des systèmes d'armes autonomes et létales depuis deux ans. Un groupe de travail interministériel a été lancé ce vendredi, dont la tête est assurée par la Défense. Ce groupe devra fournir un dossier pour l'été prochain, dans lequel le Luxembourg prendra clairement position concernant ces armes fatales automatiques.
François Bausch a déjà donné le ton: "notre pays sera un de ceux qui demanderont des règles très strictes au niveau international, mais qui se donnera les moyens au niveau national pour protéger sa population".
Dans le cadre de la campagne destinée à stopper les "killers robots", des scientifiques ainsi que des États tentent de mobiliser les dirigeants à travers des conférences et des vidéos spectaculaires contre l'utilisation de ces drones préprogrammés pour tuer certaines personnes bien précises. Grâce à la reconnaissance faciale, l'algorithme peut facilement retrouver un profil recherché et le tuer, à distance, sans intervention humaine.
"À l'inverse d'autres armes dangereuses comme les bombes chimiques ou atomiques, plus difficiles à obtenir ou fabriquer, le matériel nécessaire pour les drones est disponible et relativement facile à fabriquer, même chez nous. Et les conséquences peuvent être extrêmement dramatiques", explique le ministre de la Défense.
Ces drones ont déjà été utilisés, par exemple en Libye contre les troupes du Maréchal Haftar, selon un rapport des Nations Unies. Pour François Bausch, une priorité est désormais primordiale: "des limites doivent être fixées, que ce soit l'homme qui commande le dispositif".
Les membres du Future of Life Institute sont d'avis que "ces armes utilisant des algorithmes pour tuer sont immorales et une grave menace pour la sécurité globale" et que la communauté internationale a besoin de règles.
Le gouvernement luxembourgeois veut désormais prendre ses responsabilités. François Bausch explique que "nous ne sommes pas seuls, d'autres pays sont du même avis que nous, comme l'Autriche ou les Pays-Bas. Il s'agit de construire une coalition de nations qui souhaitent une convention internationale en mesure de créer les règles et lois nécessaires".
Le reportage en luxembourgeois de RTL Télé: