
Le principal reproche formulé par le parti à l’égard de cette réforme est qu’elle accorde des allégements fiscaux à tout le monde. Selon la présidente du groupe parlementaire, Taina Bofferding, ces mesures devraient être beaucoup plus ciblées afin que les avantages fiscaux les plus importants profitent à ceux pour lesquels "ils feront la plus grande différence dans la vie quotidienne". À ses yeux, il s'agit "des personnes à revenus faibles ou moyens, de la classe moyenne active, des familles monoparentales et des familles avec enfants."
Le député Georges Engel souligne quant à lui que générosité ne rime pas forcément avec justice. Selon l’ancien ministre du Travail, il faut faire preuve de davantage de responsabilité envers les générations futures. "Une population qui vieillit, le logement, la protection du climat" : tout cela coûte de l’argent. "Et celui qui réduit aujourd’hui les recettes publiques sans dire qui paiera demain, hypothèque également l’avenir de nos enfants."
Selon Franz Fayot, porte-parole du groupe parlementaire LSAP pour les questions financières, aucune individualisation de l’imposition ne devrait être introduite sans mesures de compensation. Cela créerait seulement de nouvelles injustices. Ainsi, les allocations familiales ne suffiraient plus à elles seules à soulager financièrement les familles avec enfants.
C'est pourquoi les socialistes ont élaboré leur propre proposition. Celle-ci repose sur le principe selon lequel les personnes disposant des revenus les plus modestes doivent bénéficier des allégements les plus importants. Concrètement, la proposition du LSAP vise en priorité les ménages à faibles revenus, les jeunes, les parents isolés ainsi que les personnes qui s’occupent de proches dépendants.
Le LSAP estime que la période transitoire de 25 ans prévue par le gouvernement pour les couples souhaitant rester dans la classe d’impôt 2 est trop longue. Dans sa propre proposition, cette période serait donc adaptée à la durée du mariage ou du PACS. Concrètement, un couple marié depuis dix ans disposerait alors de dix années avant de passer de l’ancienne classe d’imposition 2 à la nouvelle classe d’imposition unique.
Le député Ben Polidori souligne que ces idées doivent être compréhensibles pour tous : "Afin de garantir une transparence totale, nous avons créé un simulateur." Celui-ci permettra à chacun de calculer individuellement les conséquences concrètes de la réforme fiscale sur sa situation personnelle, et ce "non seulement par rapport à la situation actuelle, mais aussi par rapport au barème proposé par le gouvernement".
Dans l’ensemble, le LSAP est convaincu que son approche, qu'il juge plus équitable, coûterait également moins cher à l’État que celle proposée par le gouvernement. Cela notamment parce qu’elle ne prévoit pas d’allégements fiscaux pour les ménages aux revenus très élevés.
Le simulateur du LSAP est disponible sur steieren.lsap.lu.