Comité de suivi du logement de la TripartiteAucune mesure décidée, mais une “bonne écoute mutuelle”

Michèle Sinner
adapté pour RTL Infos
Le gouvernement doit en fait se réunir deux fois par an avec les partenaires sociaux afin de mener un dialogue structuré sur le logement. La première de ces réunions a eu lieu lundi, après que ce rendez-vous eut été reporté à plusieurs reprises, comme s’il n’y avait aucune urgence.
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Le nouveau président de l’Union des entreprises luxembourgeoises, Marc Lauer, ne s'est même pas rendu à la réunion et il a laissé le dossier à d’autres. Le Premier ministre était bien présent, mais il n’a pas souhaité faire de déclaration à l’issue de la rencontre.

Le ministre du Logement, Claude Meisch, a évité de répondre directement à la question de savoir si des mesures concrètes avaient été arrêtées avec les partenaires sociaux : "Je pense qu’il est toujours utile, et cela s’est vu ce matin, de se réunir, d’échanger et d’avoir une vue d’ensemble sur ce qui est déjà en cours. C’était une première priorité : présenter toute la panoplie des mesures mises en œuvre par le gouvernement, en apportant des réponses à de nombreuses revendications, tant des syndicats que du patronat, tout en poursuivant notre travail."

Selon le ministre, il est également important que les différentes parties s’écoutent mutuellement. Mais, comme l’a souligné la présidente de l’OGBL, Nora Back, peu d’éléments nouveaux sont ressortis de cette réunion.

"Aujourd’hui, le gouvernement nous a une nouvelle fois confirmé, à l’aide d’un PowerPoint, tout ce qu’il a entrepris pour faire face à la crise du logement. Certes, certaines mesures ont été prises. Le problème, c’est que c'est loin d’être suffisant. Notre rôle aujourd’hui était justement de souligner dans cette réunion sur le logement, que le problème doit être traité beaucoup plus profondément, à sa racine. Cela signifie qu’il faut créer davantage de logements abordables et les maintenir dans le domaine public. Il faut également lutter davantage contre la spéculation et veiller à ce que les logements vacants soient mobilisés."

Le président du LCGB, Patrick Dury, a constaté, après les présentations PowerPoint qu’il subsiste une crise de confiance non résolue concernant les logements VEFA (vente en l’état futur d’achèvement), c’est-à-dire les logements vendus sur plan.

"Le deuxième problème concerne l’accès au logement, dans le sens où les jeunes, en particulier, n’arrivent plus à obtenir le financement nécessaire. Et c’est sur notre capacité, en tant que pays, à trouver une réponse à cette question que nous serons jugés. Aujourd’hui, nous n’avons pas trouvé cette réponse. En revanche, j’ai trouvé positif que les différents acteurs aient pu échanger afin de voir ce qui est déjà en cours et de prendre connaissance des positions des partenaires sociaux, qui mettent chacun l’accent sur des aspects différents de cette problématique."

Les représentants du patronat ont, pour leur part, réclamé les aides habituelles en faveur des investisseurs et des promoteurs immobiliers, c’est-à-dire des mesures dont le DP ne voulait pas avant les élections.

Petit rappel des propos du chef de file du DP, Xavier Bettel, lors du face-à-face RTL avant les élections de 2023 :

"En matière de construction de logements, je constate que Monsieur Frieden souhaite en réalité revenir aux anciennes pratiques. Cela signifie notamment le retour de mesures comme l’amortissement accéléré, etc. Je considère simplement que cela n’aide ni le locataire ni celui qui souhaite acheter. Cela permet au fond de laisser au promoteur une marge plus large. Nous estimons, pour notre part, qu’il faut une véritable offensive en matière de construction de logements."

Mais dans le "Booster pour le logement" présenté avant les grandes vacances, ce sont principalement ces mêmes mesures qui ont été reprises. Elles ont été inspirées par le ministre des Finances CSV Gilles Roth. Même si celui-ci a également accordé davantage de moyens au ministre du Logement DP Claude Meisch dans ses derniers budgets, notamment pour le logement abordable et l’acquisition de projets VEFA.

Après la réunion de ce jour, Patrick Dury a toutefois critiqué le fait que les discussions portent de manière assez théorique sur le plafonnement des loyers et le cadastre locatif, alors que les pouvoirs publics ne disposent pas eux-mêmes d’un nombre suffisant de logements locatifs pour pouvoir contrôler les loyers par ce biais.

De son côté, Claude Meisch a déclaré : "Nous savons qu’actuellement, la réglementation sur les loyers ne fonctionne plus vraiment correctement et nous avons l’obligation d’explorer une nouvelle voie. Il y a quelques semaines, le gouvernement a d’ailleurs arrêté sa position de principe. Nous souhaitons mettre en place un modèle dual : pour les logements neufs, maintenir un pourcentage basé sur le capital investi, parce que nous connaissons ce capital investi. Pour les logements existants, déjà présents sur le marché depuis un certain temps, nous voulons en revanche utiliser un cadastre des loyers comme référence. Cela nous permettra de veiller à ce que les loyers ne continuent pas de seulement augmenter, mais qu’ils évoluent dans des proportions raisonnables."

Le projet de loi visant à créer une Commission nationale de conciliation locative, que Claude Meisch avait en fait déjà promis pour l’été, afin de permettre aux propriétaires et aux locataires de trouver plus facilement des accords, devrait être déposé dans les prochaines semaines.

Par ailleurs, Claude Meisch a fixé un rendez-vous avec les jeunes qui manifesteront mardi devant la Chambre pour protester contre la situation du logement au Luxembourg. Cette rencontre est prévue après les vacances de la Toussaint.

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