
Une réforme de la protection de la jeunesse est en cours depuis trente ans. Les projets de loi élaborés récemment, ne conviennent pas au pouvoir judiciaire. Avec la réforme, ce dernier devrait être largement tenu à l'écart de la protection de la jeunesse, ce qu'a critiqué mercredi Maître Nathalie Barthélémy. L'avocate et présidente de la Commission droit de la famille du Barreau de Luxembourg, qui a récemment émis un avis critique sur la loi envisagée sur la protection de la jeunesse, était l'invitée de la rédaction de RTL.
A la différence du parquet, "le Barreau est d'accord avec la séparation entre la protection de la jeunesse et le droit pénal applicable aux mineurs." Au niveau international, le Luxembourg est depuis longtemps critiqué à cause de cela et le Grand-Duché est le seul pays de l'Union européenne où il n'y a pas encore cette séparation.
Avec la réforme, l'ONE, l'Office national de l'Enfance, devrait avoir beaucoup plus à dire. Des solutions volontaires devront être recherchées avec la famille et l'enfant. Ce sera seulement en cas d'échec qu'un juge devra intervenir. Mais ce dernier n'aura alors plus rien à décider, déplore le Barreau, et il devra exécuter ce que propose l'ONE. Le pouvoir judiciaire serait ainsi trop limité dans son travail et une administration obtiendrait trop de pouvoir, selon Maître Barthélémy.
L'Office national de l'Enfance risque aussi d'être moins neutre et indépendant, craignent les avocats. "Avec les juges et le parquet, l'indépendance serait garantie," selon l'avocate.
Il ne serait pas possible non plus que la Commission de recueil des informations préoccupantes (CRIP), qui sera créée au sein de l'ONE, et qui devra, par exemple, en cas d'urgence, trancher sur le bien-être de l'enfant, se réunisse seulement une fois par semaine. C'est pourtant ce qui figure actuellement dans le texte. Cela ne permettrait pas de travailler et de porter assistance suffisamment rapidement.