
Après avoir rendu hommage à Shinzo Abe, "le premier Premier ministre japonais venu au Luxembourg en 2015" et qui a "toujours essayé d'approfondir nos relations", Xavier Bettel a fait état de la décision prise ce vendredi matin en Conseil de gouvernement suite au deuxième avis des experts sur une vaccination obligatoire au Luxembourg.
Les cinq experts, convoqués ce vendredi par le gouvernement, sont "clairement en faveur d'unevaccination obligatoire des plus de 50 ans". Ils parlent d'un minimum de trois doses désormais, voire une quatrième dose "booster" cinq mois après la précédente. Ils écartent, en revanche, une obligatoire vaccinale pour les salariés du secteur de la Santé et des soins, contrairement à leur premier avis.
Le gouvernement est "d'accord avec cet avis", a répété Xavier Bettel, mais a décidé de renoncer pour le moment à une obligation vaccinale, "sujet sensible", car la situation actuelle ne l'exige pas. Même si la menace d'une nouvelle vague de Covid-19 est envisagée pour l'automne, c'est trop tôt. "Décider d'une vaccination obligatoire serait un faux signal", pose le Premier ministre.
Car "imposer l'obligation vaccinale, repose sur une somme d'éléments tangibles", mais pour le moment "il y a beaucoup d'incertitudes dans l'avis (des experts). On ne sait pas ce qui adviendra en septembre, ni à l'avenir", explique Paulette Lenert. Pour la ministre de la Santé, "Une telle décision est possible quand il y a un danger qui peut être prouvé. Il faut pouvoir prouver qu'il y aura un impact significatif".

La ministre rappelle que "toute une série de personnes sont protégées au Luxembourg" et que "malgré de nouvelles infections les chiffres des hospitalisations ne grimpent pas". L'objectif premier du gouvernement et fil rouge de sa politique anti-Covid reste d'éviter une surcharge des services hospitaliers et de garantir la santé publique.
Statut quo donc sur la question de l'obligation vaccinale, mais "nous devrons être prêts à agir rapidement, si la situation l'exige", clarifie Paulette Lenert. Sous-entendu si la situation pandémique repartait dans le rouge dans les mois à venir. Et le gouvernement ne veut pas attendre, mais "disposer d'un texte (rendant la vaccination obligatoire) qui soit prêt, pour être voté très vite", selon les mots du Premier ministre.
Par conséquent, le gouvernement a décidé de déposer un texte sur la vaccination obligatoire qui va jusqu'à fixer les sanctions pour les non-vaccinés qui devront l'être. Le texte que prépare la ministre de la Justice, Sam Tanson, "ne sera pas déposé de manière formelle, mais sera soumis pour avis au Conseil d'État et à la Chambre des député la semaine prochaine", a annoncé Xavier Bettel. Il sera alors "présenté au grand public" et sera à l'ordre du jour du conseil de gouvernement vendredi prochain.

La ministre de la Justice se demande toutefois s'il ne serait pas judicieux de déposer immédiatement "les deux textes" auprès du Conseil d'État. Le premier texte concerne la vaccination obligatoire des résidents de plus de 50 ans qui est notifiée dans un registre de vaccination. Un second texte cible la vaccination sectorielle dans le secteur de soins et santé où travaillent nombre de frontaliers.
Les ministres ont insisté sur l'évolution permanente de la situation mais aussi des connaissances scientifiques au sujet du coronavirus qui mute souvent. "Omicron se propage beaucoup plus rapidement que les autres variants, mais est nettement moins dangereux", résume Xavier Bettel.
Le message du gouvernement reste clair: "Continuez à faire attention, surtout les plus vulnérables. À ceux qui hésitent encore, nous leur recommandons de se faire vacciner", résume Paulette Lenert. Promettant dans la foulée que "de nouveaux vaccins vont arriver". Il "n'est jamais trop tard pour se faire vacciner", martèle le Premier ministre. Susurrant dans l'oreille des récalcitrants: "Pas besoin d'avoir honte en allant chez le docteur pour recevoir son premier vaccin. Les vaccins sont là".
Sans vaccin, les risques de développer une forme grave "sont 20 fois supérieurs et les effets des vaccinations booster ont clairement un impact positif", rappelle la ministre de la Santé.
Le gouvernement sait bien que certains ne sont pas encore vaccinés et assure que son ambition est de "poursuivre notre campagne de vaccination" et tous les efforts de sensibilisation lancés depuis mars.