
"Les résidents veulent vivre ensemble tranquillement, sans accorder trop d'importance aux concepts politiques, juridiques ou autres" résume l'Association de soutien aux travailleurs immigrés (ASTI), suite à son sondage réalisé entre septembre et octobre dernier. Réalisé par TNS-Ilres, il a été mené auprès de 1.119 résidents et portait sur des questions de société parfois sensibles... Voici les principaux enseignements.
Lors du référendum de 2015, 80% des Luxembourgeois avaient rejeté l'ouverture du droit de vote aux étrangers. Ce nouveau sondage montre une évolution, même si les camps restent bien marqués.
52% des répondants acceptent, qu'après un certain temps passé au Luxembourg, les étrangers se voient octroyer le droit de vote législatif. Clairement, les personnes de nationalité luxembourgeoise depuis leur naissance restent les plus opposées à ce droit de vote des étrangers. 66% d'entre eux pensent que seulement les personnes avec la nationalité luxembourgeoise doivent pouvoir voter pour les élections législatives. Les Luxembourgeois avec la double nationalité (41%) et les étrangers (38%) sont bien moins nombreux à le penser.
La majorité des sondés pensent que le corps électoral ne représente pas la population du Luxembourg (62%). Les Luxembourgeois, eux, sont moins convaincu que le droit de vote aux étrangers pourrait renforcer la cohésion sociale.
Des résultats qui déçoivent l'Asti, qui se dit "préoccupée du fait que de si nombreuses personnes pensent que la participation démocratique n'a pas d'impact sur notre vie en société. Nous sommes convaincus qu'il est important d'ouvrir le droit de vote afin qu'il acquière à nouveau la valeur qu'il devrait avoir pour notre société et l'individu".
il est intéressant de noter que les étrangers eux-mêmes s'opposent à un droit de vote pour tout le monde.
Les personnes non-luxembourgeoises sont à 80% pour le maintien de la condition de résidence pour les communales. Et seulement 4 résidents étrangers sur 10 pensent que tous les étrangers devraient pouvoir participer sans restriction aux référendums nationaux.
Quant aux raisons fréquentes des étrangers pour ne pas s'inscrire sur les listes électorales, elles sont multiples (manque d'intérêt politique, opposition au vote obligatoire, déménagement, manque de temps, barrière linguistique...)
Quant aux raisons de demander la nationalité luxembourgeoise, c'est d'abord le sentiment de se sentir Luxembourgeois (57%), le droit de vote aux législatives (46%), le fait d'avoir des enfants qui ont la nationalité luxembourgeoise (32%)... ou encore pouvoir accéder plus facilement à la fonction publique (25%). Quant à ceux qui ne veulent pas la nationalité luxembourgeoise, c'est surtout parce qu'elles n'en voient pas l'intérêt (50%) ou qu'ils ne se sentent pas Luxembourgeois.
Bonne nouvelle, la majorité des non-luxembourgeois (2 sur 3) se sentent Luxembourgeois. Et plus de 9 résidents (luxembourgeois et non-luxembourgeois) sur 10 se sentent citoyens du Luxembourg. Mais si on rentre dans le détail, ce sentiment est plus fort chez les Luxembourgeois (96%) et les Portugais (92%) que chez les étrangers (84%).
Quant à ce qui définit l'identité chez les sondés, c'est la famille qui arrive en tête (71%), suivi des différentes langues parlées (47%) et de la langue maternelle (47% également). Arrivent ensuite la nationalité (44%), le pays d'origine (39%)... La religion (7%) ou l'orientation sexuelle (5%)... La nationalité est une identité plus importante chez les luxembourgeois que chez les étrangers.
Justement, pour obtenir l'accès à la nationalité luxembourgeoise, trois choses sont importantes selon les sondés: accepter la manière de vivre du Luxembourg, maîtriser une des trois langues du pays, et enfin maîtriser le luxembourgeois.
Bref, le sondage "laisse donc transparaître le souhait d'un modèle de vivre ensemble plus proche de l'assimilation que de l'intégration", conclut l'Asti.