
Par Emanuele Forleo, stagiaire chez RTL Infos.
"Le téléphone c’est quand même une grande partie de ma vie." Générations après générations, l’âge auquel on reçoit son premier smartphone ne cesse d’avancer. Les jeunes d’aujourd’hui l’obtiennent généralement pour pouvoir communiquer avec leurs parents. C'est le cas de Martina : "J’ai eu mon premier téléphone à 11 ans parce que mon grand frère l’a reçu aussi à ses 11 ans ". Un choix fait pour garantir l’égalité entre leurs deux enfants. C’est aussi le cas de Lola, 15 ans, et Noah, un adolescent de 16 ans, qui ont reçu tous les deux leur premier téléphone à 11 ans.
De nos jours, un adolescent passe en moyenne entre 5 et 8 heures par jour sur son écran. Ce temps varie selon les usages et à tendance à augmenter avec l’âge, pour parfois dépasser 10 heures par jour. Dans le cas de Martina, elle passe de 5 à 6 heures par jour sur son téléphone pendant la semaine et 8 heures par jour pendant le weekend. "Je l’utilise majoritairement sur les réseaux (Tiktok, Snapchat, Instagram, WhatsApp), mais aussi pour communiquer avec mes amis et mes parents quand je suis dehors. Je ne joue pas généralement et j’aime bien écouter de la musique. "
Mais pourraient-ils s’en passer ? "Au début de la semaine ce serait assez facile, mais à la fin je serais un peu plus ennuyé. Je ferais sûrement du foot, j’irais à la piscine, ou en ville avec mes amis pour me distraire " évoque Noah. Comme Martina, il mentionne qu’il l’utilise "majoritairement pour les réseaux sociaux ".
La surconsommation du téléphone portable peut engendrer troubles du sommeil, anxiété, dépression ou encore baisse de productivité. Heureusement, aucun des adolescents rencontrés n’a signalé avoir de troubles du sommeil. Mais tous ont tendance à scroller sur leur téléphone lorsque qu’ils étudient. " Quand je dois étudier, si je l’ai à côté de moi, je n’arrive pas à bien me concentrer" reconnaît Lola.
Les adolescents ont aussi raconté avoir vécu des expériences désagréables à cause des réseaux sociaux. Par exemple dans le cas de Noah : " J’ai déjà vu des actualités assez choquantes. Des animaux ou des humains harcelés et maltraités, je trouve ça violent. "
Pour éviter des situations difficiles, les parents peuvent choisir d’imposer des règles. Martina, elle, a une limite de temps d'utilisation le soir, pour qu’elle ne puisse pas l’utiliser pendant la nuit. Les parents de Lola lui ont dit qu’elle ne pouvait installer aucun réseau social comme Snapchat, Instagram et Tiktok avant ses 16 ans. Depuis qu’il a fêté son anniversaire, son grand frère Noah, est désormais libre de l’utiliser comme il le souhaite.
En 2025, l’usage des réseaux sociaux continue de progresser au Luxembourg. 68% des internautes y participent activement ou passivement, contre 62% en 2021. 46% des 16-24 ans passent plus de trois heures par jour sur les réseaux sociaux selon les données publiées par le Statec.
L’usage du téléphone chez les plus jeunes pourrait encore se développer. "Comme tous les adolescents, nous sommes accros au téléphone. Maintenant avec les IA, ils sont plus utilisés pour faire les devoirs". Après avoir interdit le téléphone à l'école, le gouvernement luxembourgeois réfléchit notamment à interdire les réseaux sociaux aux adolescents.