EmploiLe DP veut négocier un jour de télétravail par semaine pour les frontaliers

Thomas Toussaint
Réuni en congrès "virtuel" lundi soir, le DP, et sa présidente Corinne Cahen, ont annoncé vouloir faire du télétravail une de leurs priorités politiques.
© Glenn Carstens-Peters / Unsplash

La crise sanitaire a, sans aucun doute, été le meilleur moyen de promouvoir le télétravail. Alors que l'économie était partiellement mise à l'arrêt de mars à mai, des dizaines de milliers d'employés ont eu recours au le télétravail du jour au lendemain. Mi-juin, la reprise est bien entamée et le télétravail est devenu un incontournable pour certaines entreprises. Et les salariés sont en demande, après avoir goûté à ses avantages. Ça, le DP l'a bien compris.

Lundi soir, le parti libéral a réuni ses membres pour un congrès "virtuel" de deux heures, diffusé en direct sur les réseaux sociaux. Au programme: bilan de la crise, remerciements pour l'investissement de chacun... Et télétravail.

C'est Corinne Cahen, la présidente du parti, qui s'est chargée d'annoncer la nouvelle ligne directrice du parti: développer les outils numériques. Dont le télétravail, devenu un véritable enjeu sociétal et politique.

PLUS DE TÉLÉTRAVAIL POUR PLUS DE TEMPS LIBRE

Arguant qu'une partie du télétravail peut se révéler "positive" et permettre un gain de "productivité", elle a surtout souligné qu'il apportait aux salariés de la "flexibilité" et "du temps pour leur famille, leurs amis et leurs loisirs". Les entreprises ne sont pas en reste, puisque leurs salariés seraient plus "épanouis" et "souvent plus productifs".

Ceux qui ne peuvent pas en profiter devraient eux passer "moins de temps dans les bouchons" si les infrastructures sont moins saturées.

Élevé au rang des solutions potentielles à de nombreux problèmes (climatiques, managériales, de transport...) le télétravail n'est toutefois pas aussi solidement acquis pour les frontaliers que pour les résidents.

Corinne Cahen a annoncé lors du congrès du DP vouloir renégocier les accords fiscaux sur le télétravail avec les pays voisins.
Corinne Cahen a annoncé lors du congrès du DP vouloir renégocier les accords fiscaux sur le télétravail avec les pays voisins.
© Impression écran du congrès du DP

UN JOUR PAR SEMAINE POUR LES FRONTALIERS

Durant la crise, grâce à des accords passés avec les pays voisins, eux aussi ont pu poursuivre leur activité depuis l'étranger sans être inquiété fiscalement.

La ministre de la Grande Région a annoncé vouloir renégocier avec les pays voisins les accords fiscaux qui limitent aujourd'hui le télétravail des frontaliers. De 19 jours pour les frontaliers allemands à 24 et 29 jours les Belges et les Français, le DP souhaite élever cette limite à "un jour par semaine" pour tous les frontaliers.

Avec un jour de télétravail hebdomadaire, les frontaliers resteraient sous le seuil européen de 25%. Au-delà, ils basculeraient sur le système social de leur pays d'origine, affectant ainsi leurs cotisations sociales, leur retraite ou encore leurs allocations enfants. De leur côté, les entreprises luxembourgeoises ne seraient ainsi pas confrontées à de multiples tâches administratives dans les pays voisins.

"Sans eux, notre société ne fonctionnerait pas" a souligné Corinne Cahen, qui a donc fait le premier pas, mais pas forcément le plus dur, en direction du télétravail pour les frontaliers. Il lui faudra maintenant entraîner tout le gouvernement pour renégocier avec l'Allemagne, la Belgique et la France.

À lire également - Edito: Il faut accorder davantage de télétravail aux frontaliers

https://5minutes.rtl.lu/actu/opinions/a/1519899.html

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