
La mesure est symbolique, mais elle aura vite été noyée par le cours des carburants. Depuis le 13 avril, et jusque fin juillet, le gouvernement fait une ristourne aux automobilistes: une économie de 7,5 centimes par litre de diesel et d'essence.
Ce coup de pouce négocié lors de la tripartite a été mis en place en rabotant les accises perçues par l'État. Pour un gain de 3,75€ sur un plein de 50 litres, quel que soit le prix du carburant.
Le 13 avril, jour d'entrée en vigueur de la remise, le prix au litre du diesel est tombé de 1.718€ à 1,643€. Mais le 16 avril, soit trois jours plus tard, deux hausses successives ont ramené le diesel à 1,768€. Il est aujourd'hui à 1,763€. Plus qu'avant la mesure.
Bien que la mesure serve d'amortisseur à l'envolée des prix (sans elle, le litre de diesel vaudrait 1,838€), son effet se dissipe dans la volatilité du marché.
Pire: la Fondation Idea assure que la remise de 7,5 centimes sur les carburants "est nettement moins ciblée" et "bénéficie davantage aux ménages plus aisés en moyenne" car la part de leur budget consacré à leurs déplacements est plus faible. Au point que François Bausch, ministre de la Mobilité, juge le mécanisme "absurde".
Pour l'heure, les prix de l'essence sont encore inférieurs à ceux qu'ils étaient avant l'entrée en vigueur de la mesure: 1,699€ pour le SP 95 (1,707€ la veille de la ristourne). Idem avec le SP 98: 1,789€ aujourd'hui (1,801€ le 12 avril). Mais jusqu'à quand?
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