Dépressions, solitude...Le désespoir des jeunes augmente au Luxembourg

RTL Infos
Barbara Gorges-Wagner, chargée de direction au Kanner a Jugendtelefon, était l'invitée de la rédaction de RTL ce lundi. Elle évoque un malaise grandissant chez les plus jeunes au Luxembourg.
© _LewiZ/pixabay

La pandémie a été synonyme de stress pour de nombreux enfants, jeunes et leurs familles. L'invitée de RTL est revenue sur les appels avec un chiffre en baisse de 115 contacts de moins en 2020 par rapport à l'année précédente. C'est le travail qui s'est intensifié, la durée des dialogues a également augmenté.

En revanche, l'aide en ligne a enregistré une nette hausse des discussions sur le suicide, la solitude ou les dépressions, selon la chargée de direction au Kanner a Jugendtelefon, la hotline réservée aux plus jeunes en détresse. Les sujets abordés se concentrent principalement sur la santé psycho-sociale.

Alors que les jeunes de 10 à 12 ans avaient surtout profité de la structure d'écoute pour partager leur peur de perdre quelqu'un ou de mourir du virus pendant la première partie de la pandémie, la situation a évolué au fil du temps vers des appels concernant leur solitude, l'absence des amis ou pour des conflits familiaux. Barbara Gorges-Wagner explique que la situation dans les familles est en général beaucoup plus tendue que d'habitude.

L'IMPORTANCE D'ÉCOUTER

"Les collaborateurs de la hotline sont là pour dialoguer mais surtout pour écouter", comme l'a souligné la chargée de direction, "sans avis préconçu et sans jugement, c'est la base d'un changement pour la personne au bout du fil".

Alors que les jeunes appellent en moyenne une fois au 116111, l'aide en ligne offre plutôt un suivi, avec plusieurs échanges possibles pendant la crise que traversent les enfants. Sept professionnels dont cinq psychologues font désormais partie de l'équipe. L'ASBL peut également compter sur 80 bénévoles, qui ont tous suivi une formation spécifique.

Un nouveau service pair-à-pair de chat a été récemment développé afin de proposer une aide aux jeunes par des jeunes: "nous avons une formidable équipe de personnes âgées de 18 à 25 ans qui conseillent et qui soutiennent les appelants en partageant avec eux leur propre vécu. Ainsi les jeunes en détresse pourront facilement s'identifier et comprendre qu'ils ne sont pas seuls", se réjouit Barbara Gorges-Wagner.

MOINS DE HARCÈLEMENT, PLUS DE RACISME

Comme les élèves ont passé plus de temps à la maison, les appels pour harcèlement moral ou physique ont clairement baissé: "le problème s'est déplacé sur les réseaux sociaux, comme sur Teams par exemple", comme le souligne notre invitée qui explique que les victimes ne savent pas comment réagir à ce fléau.

Autre problème dénoncé par la plateforme BeeSecure: le racisme en ligne connaît une tendance vers le haut depuis ces cinq dernières années. Les messages envoyés sont tous analysés, en cas d'illégalité, ils sont automatiquement transmis à la police.

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