
À quel point le confinement et la crise ont-ils nui aux résidents du pays? D'après une étude du Statec - et de TNS Ilres - parue aujourd'hui, un tiers d'entre eux affirment que leur santé mentale a été affectée par ces semaines d'incertitudes et de confinement. Les chercheurs évoquent "des dommages collatéraux significatifs sur la santé mentale".
Selon les résultats présentés, il apparaît que les adultes et les jeunes adultes ont moins bien vécu la période de la crise que leurs aînés. Globalement, les femmes ont vécu une plus grande perte de santé mentale que les hommes. Et toujours d'après l'étude, les résidents portugais ont davantage subi cette baisse de bien-être psychologique que les autres résidents. C'est également le cas pour les résidents du sud du pays et de la capitale.
Le Statec ne peut toutefois pas expliquer avec certitude ce phénomène complexe.
La peur de tomber malade, de perdre une partie de ses revenus et la stabilité de son emploi ont été les principales nuisances au bien-être mental. D'après le Statec, cette crainte de perdre son emploi a été plus limitée au Luxembourg que dans les autres pays. La protection des emplois via le chômage partiel pourrait l'expliquer. Les effets négatifs du confinement, de la baisse des contacts sociaux et le climat général d'incertitude n'ont toutefois pas pu être mesurés.
Bien que le télétravail ait été majoritairement apprécié, il n'a pas facilité le quotidien de tous les employés renvoyés chez eux et contraints pour certains de travailler dans de moins bonnes conditions qu'habituellement (bruit, garde d'enfants, déconnexion professionnelle...). Le gain de flexibilité dans l'organisation de la journée a tout de même eu un effet positif dans la vie de nombreux travailleurs, y compris sur leur santé mentale.
Finalement, les chercheurs ne sont pas parvenus à déterminer si le fait de vivre seul ou à plusieurs a joué un rôle important sur ce bien-être mental durant le confinement. Bien que des études disent que cohabiter avec d'autres personnes a un effet bénéfique sur le bien-être, cela ne signifie pas que vivre seul provoque un sentiment de solitude.
Tout comme la fin de la crise sanitaire paraît difficile à prévoir, ses effets néfastes sur la population restent aujourd'hui bien difficiles à mesurer.