
On est encore loin de la grandeur de Reno ou Las Vegas, mais les machines à sous poussent comme des champignons, surtout là où on ne les attend pas forcément. Comme par exemple dans une station-service située à Friedhof, où les clients peuvent passer leur temps sur deux de ces installations.
Les machines à sous tombent sous la responsabilité du ministère de la Justice au Luxembourg. Il faut cependant faire la différence entre deux sortes de machines: les premières, qui poussent le client à rejouer autant de fois qu'il y arrive, n'offrent pas la possibilité de gagner de l'argent. Celles-ci sont légales et peuvent être exploitées dans les espaces publics.
Les automates qui fonctionnent selon le hasard et qui offrent un gain potentiel se retrouvent sous l'interdiction de l'article 3 de la loi sur les jeux de hasard du 20 avril 1977. Mais des exceptions existent, comme par exemple les bornes de jeux de hasard de la Loterie Nationale qui ne sont pas concernées par cette interdiction. Seules ces bornes étant autorisées par la loi, aucune autre autorisation n'est délivrée pour l'exploitation de ce genre de machines.
Le ministère de la Justice ne dispose pas du nombre de machines à sous au Luxembourg, ni des magasins dans lesquels elles sont réparties ou du chiffre d'affaires réalisé par ces installations. Le nombre de machines illégales au Luxembourg n'est pas non plus connu, alors que le Parquet est responsable du contrôle de ces installations.
En 2019, la Loterie Nationale avait annoncé le début d'un projet pilote afin d'installer ses propres machines à sous dans certains bars du pays pour contrer la concurrence illégale. Le projet est finalement entré dans sa phase commerciale fin 2021 mais le concept a pris deux ans de retard en raison de la pandémie. L'objectif était d'installer 600 terminaux de "loterie vidéo" (VLT) et 250 points de vente. De nos jours, 430 VLT et 185 points de vente. L'objectif initial devrait être atteint en fin d'année, avec la plupart des négociants issus du secteur de l'Horeca, même si d'autres secteurs ont également été testés.
Le Luxembourg compterait donc 2.500 machines illégales qui rapporteraient chaque année plus de 100 millions d'euros bruts. Un montant que les joueurs perdent et qui va directement sur le compte de particuliers sans être imposé et qui finance parfois la criminalité organisée. Un manque à gagner de 20 millions d'euros chaque année pour l’Oeuvre Nationale de Secours Grande-Duchesse Charlotte qui gère la Loterie Nationale.
Au Luxembourg, seule une autre institution bien connue dans le pays bénéficie d'une exception à cette interdiction des jeux de hasard, il s'agit du Casino 2000 à Mondorf-les-Bains qui peut également faire gagner de l'argent à ses clients sur la seule base de la chance et de la probabilité.