Les chantiers en causeLassner et Honey/Mustard: fermeture de deux nouvelles boutiques dans la capitale

Claudia Kollwelter
Deux nouvelles boutiques ferment leurs portes dans la capitale.
Fermeture Lassner an Honey/Mustard
Alt nees maachen an der Stad zwee Butteker, déi net zu enger grousser Mark gehéieren, hir Dieren zou.

"La Ville de Luxembourg est paralysée!", dit une commerçante de la capitale, qui ferme sa boutique de vêtements dans la Ville-haute après huit ans seulement. Elle n'est pas la seule malheureusement. Un magasin de jouets situé non loin va aussi fermer ses portes. Si les raisons de ces fermetures divergent, le problème central semble bien être les chantiers qui parsèment la ville. C'est en 1860 que les grands-parents de Pierre Simonis ont fondé la maison "Lassner" à Luxembourg. Depuis, l'établissement a déménagé à trois reprises et fin mars, il fermera définitivement ses portes. C'est son âge qui a poussé le patron du magasin de jouets à prendre cette décision. Il reconnaît cependant que le chantier de la Place Guillaume a nui à l'entreprise:

"Qu'ils construisent là si longtemps pour agrandir ce parking. Ils sont en train depuis des années et on ne sait toujours pas quand ce sera terminé. Ce n'est pas l'idéal pour les commerces à Luxembourg-Ville."

Carolyn Gobran, la responsable de la boutique de vêtements Honey/Mustard, craignait depuis quelques années déjà l'impact des chantiers sur l'activité commerciale en Ville. C'est pour cette raison qu'elle a décidé d'ouvrir une boutique dans un centre commercial à Bertrange:

"Le chantier est une barrière pour attirer les clients en Ville. Et pas uniquement le chantier, mais aussi le manque de places de parking, pour lesquelles il faut aussi payer, et les trottoirs ont été démontés, et cela durera encore longtemps. Ce sont toutes ces choses qui dégradent la culture du shopping dans la capitale."

Avec un loyer de 10.000 euros par mois et un passage insuffisant de clients, le calcul est vite fait. Des indemnisations financières en cas de chantiers ne sont pas prévues par la loi, affirme l'échevin CSV de la Ville de Luxembourg, Serge Wilmes, qui n'écarte toutefois pas la réflexion:

"Ce ne sera pas facile, car il faudra alors vraiment définir différentes catégories de chantiers, il faudra voir quels critères doivent être remplis. Ce n'est pas évident. Pour l'instant, nous n'avons pas cette législation, nous l'avons uniquement appliquée pour le tram. Et là aussi l'aide doit arriver, parce qu'ils doivent être aidés. Mais pour le reste, c'est ainsi, quand des chantiers sont lancés, si les commerces restent accessibles, nous avons rempli notre devoir. Et c'est ce qui se passe actuellement. Mais on peut toujours réfléchir."

Pour les commerçants de la capitale, la concurrence des grands centres commerciaux et d'internet est de plus en plus forte. Il faut s'adapter et se montrer toujours plus innovant, ce que font de nombreuses boutiques de la Ville de Luxembourg, ajoute Serge Wilmes.
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