
"Je pense que cet incident et ce qui s'est passé autour, ainsi que le projet 'À Vos Côtés', montrent que la situation s'est vraiment encore aggravée. Nous avons également des lettres de personnes soulignant que ce sont précisément ces groupes de dealers qui deviennent de plus en plus agressifs. Ils essaient vraiment par tous les moyens de défendre leur territoire. Mais ce n'est pas possible. Il faut intervenir", a confié ce lundi matin Lydie Polfer à Radio RTL. Peu avant, le Vice-Premier ministre François Bausch (Déi gréng) avait constaté au même micro qu'"une ligne a été franchie".
Vivement critiquée par l'opposition politique au conseil communal pour avoir engagé depuis un an une société de gardiennage privée pour veiller à la sécurité dans le quartier de la gare centrale, la bourgmestre (DP) de Luxembourg-Ville a tenu une conférence de presse ce lundi à 17h00 à l'hôtel de ville pour livrer son analyse et marteler qu'elle "ne démissionnera pas face aux dealers". Elle et l'échevin Maurice Bauer (CSV), chargé de l'Action sociale, ont eu une entrevue avec les responsables de G4S.
C'est l'attaque incontrôlée d'un chien de la société de gardiennage, samedi soir dans l'avenue de la gare qui a déclenché une nouvelle fois la polémique autour de l'insécurité dans le quartier gare. Une vidéo, circulant sur les réseaux sociaux, montre un chien tenu en laisse par un agent de sécurité privé qui mord un individu à terre. L'agent de sécurité a visiblement du mal à contrôler le chien. Mais la vidéo ne montre qu'un épisode de l'incident.
Auparavant a attesté la bourgmestre, il y avait eu une dispute entre trois hommes et plusieurs employés d'Inter-Actions qui interviennent régulièrement à la gare centrale dans le cadre du projet "À vos côtés". Deux de ces trois hommes ont été embarqués par la police et le troisième est celui qui, par la suite, a été mordu par le chien. Il aurait été armé, sans doute d'un couteau.
Selon les informations de RTL, les agents de sécurité ont été agressés verbalement puis physiquement samedi soir vers 22h30 lorsqu'ils sont passés devant le café "Le Périgord". Une bagarre s'est déclenchée. Le chien a réussi à arracher sa muselière et a mordu l'homme alcoolisé aux jambes et au pantalon. L'homme blessé a dû être transporté à l'hôpital, où il s'est montré agressif à l'égard du personnel soignant. Il s'est finalement retrouvé en détention provisoire. Une enquête de la police est en cours.
"Les images d'hier dans l'avenue de la gare m'ont vraiment choqué et soulèvent beaucoup de questions ! Nous avions de sérieuses inquiétudes sur la façon dont les chiens seraient utilisés", a réagi le député et conseiller communal François Benoy (Déi dréng). Les Verts sont contre la surveillance des lieux publics par des sociétés de sécurité privées.
Sa collègue au conseil communal, Christa Brömmel (Déi gréng) a interpelé dès dimanche le collège échevinal via une question urgente dans laquelle elle parle d'un agent tenant en laisse un chien qui est "dans l'impossibilité totale de le retenir et encore moins de le maîtriser". Elle demande clairement au collège échevinal si "au regard du dérapage évident", il "reste d'avis que le recours à des patrouilles canines privées reste un moyen adapté et maîtrisable pour répondre au sentiment d'insécurité qu'il peut y avoir dans certains quartiers de la Ville ?
Déi Lénk Stad, retient qu'à Luxembourg-Ville "une personne a été mise en danger par des agents de sécurité privés engagés par le Collège échevinal pour la surveillance générale de l'espace public, cela en violation des lois du pays, qui confient cette tâche à la police".
Les opposants de gauche demandent clairement que "la Ville mette immédiatement fin au contrat avec la société de gardiennage privée G4S, dont les chiens ne portent manifestement pas de muselière et dont les agents ont été dépassés par les événements".
Ils exigent dans un communiqué publié ce lundi que le collège échevinal "assume sa responsabilité politique pour cette attaque ignoble et illégale et qu’il en tire les conséquences". Les conseillers déi Lénk, Ana Correia Da Veiga et Guy Foetz, reviendront sur cette affaire à prochaine réunion du conseil communal, le 27 septembre.
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