Aide financière, accueil d'Afghans en dangerLa situation humanitaire en Afghanistan fait débat au Luxembourg

RTL Infos
Le gouvernement luxembourgeois veut poursuivre son engagement humanitaire et son soutien financier à l'Afghanistan. "Un contrôle doit être effectué si l'argent arrive bien", une évidence pour le chef de l'opposition, Claude Wiseler.

En Afghanistan, près des deux tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, plus de trois millions d'enfants sont sous-alimentés.
Depuis des années, le Luxembourg travaille avec des partenaires tels que la Croix-Rouge internationale et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. A présent que les talibans ont repris le pouvoir, l'Etat luxembourgeois tient à poursuivre son engagement. Environ 2,3 millions d'euros ont été investis cette année.

Franz Fayot, ministre de la coopération et de l'action humanitaire, a expliqué que la situation va s'aggraver au niveau de la sécurité alimentaire. D'autres problèmes vont survenir en ce qui concerne la crise sanitaire et la crise des réfugiés.

Entre 2001 et 2020, la Coopération luxembourgeoise a déboursé un total de 48 millions d'euros pour l'Afghanistan.

MAINTIEN DE L'AIDE FINANCIÈRE HUMANITAIRE

Le gouvernement luxembourgeois ne va pas interrompre son aide financière à des fins humanitaires en Afghanistan, comme l'a décidé l'Allemagne.

Le ministère de la Coopération souhaite toutefois vérifier si les projets soutenus jusqu'à présent peuvent malgré tout se poursuivre sous la même forme dans ce nouveau contexte.
Le porte-parole du CSV pour les Affaires étrangères, Claude Wiseler, soutient cette position. Celui de l'ADR interromprait les aides.

Fernand Kartheiser ne remet pas en question le fait que l'aide humanitaire soit indispensable en Afghanistan, mais maintenant que les talibans ont pris le pouvoir, le risque serait trop grand que l'argent n'arrive pas au bon endroit.

Fernand Kartheiser explique :''Nous ferions une pause, jusqu'à ce que ce soit clarifié. Ensuite il faudra à nouveau aider rapidement ces gens, qui ont besoin d'une assistance humanitaire. Envoyer simplement de l'argent via des canaux, dont nous ne savons pas s'ils arrivent au bon endroit, cela nous ne pouvons pas le faire."

Nathalie Oberweis, élue du parti déi Lénk, voit les choses différemment. Pour elle, les aides ne peuvent en aucun cas être interrompues.

Le député CSV Claude Wiseler argumente de manière nuancée: ''Il est logique que nous continuions à soutenir la population. Mais il est aussi évident qu'un contrôle doit être effectué pour effectuer si l'argent arrive bien. Ensuite un suivi précis doit être réalisé. Je ne sais pas non plus combien de temps ces organisations pourront continuer à travailler. La situation est tellement dangereuse que cela peut rapidement devenir un problème."

ACCUEIL DES AFGHANS QUI PONT AIDÉS LES OCCIDENTAUX

La BBC aurait eu accès à des documents internes des Nations Unies, dont il ressortirait que les talibans ont commencé la chasse aux collaborateurs, c'est-à-dire aux personnes qui ont travaillé pour les institutions occidentales.

Dans un premier temps, le Luxembourg veut accueillir 12 personnes concernées, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn. Il s'agirait d'une obligation morale vis-à-vis de ces gens en Afghanistan, qui ont assisté l'UE et l'OTAN ces dernières années, selon le ministre.

Claude Wiseler lui donne raison: ''Il est logique d'évacuer ces gens qui seront sinon exposés à la mort, ou seront à la merci d'un grave danger."

Selon le député CSV, il faudrait aussi protéger les Afghans engagés dans la défense des droits de l'homme, qui ont ainsi défendu les valeurs occidentales.

Oui, dit Fernand Kartheiser, élu de l'ADR, mais pas ici en Europe. ''Il y a plusieurs ministres européens qui veulent créer des zones de sécurité dans la région. Autour de l'Afghanistan. Là, tous ceux qui sont menacés pourraient être accueillis dans les meilleures conditions possibles.''

Selon Fernand Kartheiser, tout devrait être fait pour "éviter une nouvelle grande vague de réfugiés en Europe."

Back to Top
CIM LOGO