
La présidente de l'Association nationale des infirmières et infirmiers du Luxembourg (ANIL) a confirmé ce mercredi au micro de RTL que la principale raison pour laquelle nombre de salariés abandonnent toujours leur emploi dans le secteur de la Santé est l' "énorme charge de travail, c'est la raison la plus citée", pose Anne-Marie Hanff. Elle explique que cette charge vient du fait "qu'en rentrant à la maison, on a le sentiment de ne pas avoir pu faire tout ce qu'au fond, on aurait dû faire".
Elle cite ensuite "les rapports entre collègues, c'est sans doute lié aux discussions autour de la pandémie" et la troisième raison est le "contenu du travail: qu'est-ce que j'apporte sur le terrain?" Un sondage de l'ANIL rapporte que "35% des infirmières sont fatiguées à la seule idée qu'une nouvelle journée de travail s'annonce", soulève la président de l'ANIL. Avant de souligner le gros "impact que cela peut avoir sur la vie personnelle".

Actuellement, le secteur "est vraiment dans une situation critique" en ce qui concerne la relève. 40% des infirmières et infirmiers du pays doivent prendre leur retraite dans les prochaines années et "un tiers d'entre eux pensent souvent à quitter la profession".
Parallèlement, de moins en moins d'élèves s'inscrivent au LTP -le Lycée technique pour professions de santé- pour faire le BTS. Et cela parce qu'il y a une grande incertitude. De nombreuses réformes sont en suspens et il y a un manque d'informations, selon Anne-Marie Hanff. De sorte que "nous ne sommes pas en mesure de répondre à nos besoins pour le moment", confesse Anne-Marie Hanff.
A vrai dire, le bachelor pour infirmières et infirmiers, qui était réclamé depuis des années déjà par l'ANIL, devait débuter cette année scolaire, mais cela n'a pas fonctionné. Ce qui serait important, c'est qu'il y ait un programme d'études pratiques et qu'il y ait un enseignement interdisciplinaire, par exemple avec des étudiants en médecine selon la président de l'ANIL.
"Plus de 90% des étudiants poursuivant actuellement un BTS indiquent qu'ils préféreraient en fait faire un bachelor plutôt qu'un BTS", ce qui expliquerait également pourquoi moins d'élèves sont actuellement inscrits au LTPS. Raison pour laquelle il faut maintenant des informations concrètes sur la formation. Et savoir si quelqu'un qui prépare un BTS, verra sa formation reconnue comme un bachelor ou, s'il pourra poursuivre vers un bachelor ensuite.
"En France, la majorité des infirmières ont un bachelor", explique la présidente de l'ANIL. "Au Luxembourg, les deux tiers des infirmières viennent de l'étranger et la majorité d'entre elles viennent de France" et l'instauration d'un bachelor serait donc aussi bien pour créer un ajustement.
En prévision de l'automne et d'une éventuelle nouvelle vague de Covid-19, il serait bon de mettre en place des "équipes polyvalentes de remplaçants temporaires" qui pourraient intervenir quand du personnel est en arrêt maladie. Des ordinateurs plus performants seraient aussi absolument nécessaires, selon la présidente de l'ANIL.
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