"Pire qu'une catastrophe"La protection des locataires submergée par les appels à l'aide

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Le Luxembourg est confronté à une situation qu'il n'avait plus connue depuis... 2008. les prix de vente des maisons et appartements ont baissé ces trois premiers mois de l'année.
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À l'inverse, ce sont les prix des loyers qui n'arrêtent pas de grimper. Cela inquiète fortement le président de l'asbl Mieterschutz, l'association de défense des locataires: "c'était déjà une catastrophe, c'est désormais encore pire qu'une catastrophe, je n'ai pas de mot pour décrire cette situation", a déclaré Jean-Michel Campanelle lors d'une interview accordée à RTL.

L'association est contactée par un nombre grandissant de personnes ces dernières semaines, elles paniquent car elles ont peur que leur loyer soit augmenté ou parce qu'elles ne trouvent pas de logement.

"Les offices sociaux nous contactent également pour nous demander si nous avons aussi remarqué que des propriétaires invoquent un "besoin personnel" afin de mettre des locataires à la porte. L'hypothèse est la suivante: ils tentent de se débarrasser d'anciens locataires enfin d'en trouver des nouveaux avec un loyer beaucoup plus élevé, car ils peuvent gagner plus et se disent que c'est le bon moment", déplore le président de l'association.

Au premier trimestre, les loyers annoncés ont augmenté en moyenne de 8,7%. Fin 2022, leur hausse dépassait déjà l'inflation.

Selon le président de la protection des locataires, les propositions du gouvernement, qui doivent encore être votées, arriveront beaucoup trop tard: "la coalition bleu-rouge-vert doit agir maintenant, en exonérant les locataires et en construisant beaucoup plus et plus rapidement. Sinon l'exil au delà de la frontière va encore exploser et nous n'allons trouver plus personne de l'étranger pour venir travailler au Luxembourg en raison des prix démesurés".

Il propose que les autorités concernées s'assoient autour de la table afin d'analyser tout ce qui peut être mobilisé ces six, voire 12 prochains mois: "les communes doivent y participer, tout le monde doit se bouger, nous avons besoin d'un véritable plan Marshall, je ne pense pas que notre pays a connu une telle crise ces 50 dernières années", commente Jean-Michel Campanelle.

L'association soutient concrètement l'idée du ministère du Logement de racheter les projets que les promoteurs privés ne peuvent pas réaliser en raison de la crise. Réactiver les avantages fiscaux pour les investisseurs ne serait, selon son président, pas la bonne solution.

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