Luxembourg"La protection de la jeunesse est un exemple de ce qui ne doit pas se passer", selon l'Ombudsman

Carine Lemmer
adapté pour RTL Infos
L'Ombudsman, Claudine Konsbruck était l'invité de la rédaction de RTL mercredi. Ses services sont chargés de traiter les réclamations des citoyens lorsqu’ils rencontrent des problèmes avec une administration de l’État, une commune ou un établissement public relevant de l’État. Ils sont également responsables du contrôle externe des lieux de privation de liberté
© Carine Lemmer

"Les réformes structurelles dans le système pénitentiaire prennent beaucoup trop de temps", a déclaré l’Ombudsman Claudine Konsbruck mercredi matin sur RTL. Les services de l'Ombudsman sont chargés de traiter les réclamations des citoyens lorsqu’ils rencontrent des problèmes avec une administration de l’État, une commune ou un établissement public relevant de l’État. Ils sont également responsables du contrôle externe des lieux de privation de liberté, notamment des centres pénitentiaires. Le rapport annuel relatif à cette mission a été présenté la semaine dernière. "Cela n’avance pas assez vite", estime Claudine Konsbruck. Selon elle, certains problèmes demeurent sans solution.

Les femmes détenues toujours désavantagées

Les femmes, par exemple, bénéficient toujours de conditions de détention plus mauvaises. Elles sont toutes regroupées dans un même bloc à la prison de Schrassig, qu’elles soient condamnées, en détention préventive ou même mineures.

Les femmes représentent à peine 10 % de la population carcérale. Elles restent discrètes et n’ont pas véritablement de voix pour se faire entendre. À la suite des critiques formulées par ses services, certaines améliorations ont déjà été apportées, mais il reste encore beaucoup à faire. Les ministres Elisabeth Margue et Yuriko Backes se sont elles-mêmes rendues au centre pénitentiaire afin de constater la situation sur place, une démarche que l’Ombudsman salue. Le bloc réservé aux femmes devrait également faire l’objet d’une rénovation prioritaire.

Selon Claudine Konsbruck, les activités proposées, telles que la couture ou le repassage, restent encore stéréotypées, ce qu'elle juge "ridicule". Elle espère que cette situation évoluera prochainement.

28 adolescents détenus à Schrassig en 2025

La protection de la jeunesse, et plus particulièrement la situation des mineurs privés de liberté, constitue depuis longtemps un sujet important, mais elle est devenue encore plus préoccupante ces dernières années. L’an dernier, 28 mineurs ont dû être placés au centre pénitentiaire pour adultes de Schrassig. La structure destinée aux jeunes à Dreiborn, l’UNISEC (Unité de sécurité du Centre socio-éducatif de l’État), ne dispose que de 12 places, ce qui est largement insuffisant et entraîne une surcharge permanente.

Selon Claudine Konsbruck, la protection de la jeunesse est véritablement "un exemple de ce qui ne doit pas se passer". Déjà lorsqu’elle était fonctionnaire au ministère de la Justice il y a vingt ans, elle travaillait sur des projets, et "depuis, nous n'avons toujours aucun projet qui ait été voté". La création d’une prison pour mineurs est prévue, une initiative que l’Ombudsman accueille favorablement. Un directeur a déjà été nommé. Cependant, il faudra encore du temps avant que ce centre pénitentiaire pour mineurs ne voie effectivement le jour. 30 places sont prévues. Il conviendra d’analyser si cette capacité sera suffisante et de veiller à ce que les mesures d’encadrement mises en place soient adaptées pour encadrer les jeunes. Selon l’Ombudsman, dans ce type de nouveaux projets et de nouvelles infrastructures, les procédures avancent malheureusement beaucoup trop lentement.

Politique d’asile et de migration : l’Ombudsman contrôle désormais aussi le Centre de filtrage

Dans le contexte de la mise en oeuvre du nouveau pacte européen sur l’asile et la migration, l’Ombudsman est désormais également chargé de contrôler le Centre de filtrage. C’est là que les nouveaux demandeurs d’asile sont contrôlés et orientés.

Ce centre de filtrage doit être installé dans l’ancien bâtiment de l’Adem, dans le quartier Gare à Luxembourg-Ville. Pour le moment, il est toutefois hébergé à titre provisoire sur une demi-étage de la Direction de l’immigration, située route d’Arlon.

Selon Claudine Konsbruck, ce dispositif ne fonctionne pas encore comme prévu, notamment en raison d’horaires limités, alors qu’un fonctionnement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 est normalement prévu.

Le droit à l’erreur doit être autorisé dans les démarches administratives

Le service de l’Ombudsman reçoit de plus en plus de réclamations, et les problèmes sont plus complexes. Cependant, l’Ombudsman ne dispose que de moyens limités et peut seulement émettre des recommandations, explique Claudine Konsbruck.

Elle plaide aussi en faveur du "droit à l’erreur" dans le cadre des démarches administratives. Il arrive qu’une personne coche une mauvaise case dans un formulaire et se voie alors privée, par exemple, d’allocations de chômage ou d’une aide au logement. La France, entre autres, reconnaît le droit à l’erreur lorsqu’une personne a coché une mauvaise case ou a omis de fournir un document pour la première fois, à condition de l'avoir fait de bonne foi.

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