
Les personnes qui ont une forte immunité contre le coronavirus sont normalement longtemps protégées. Avoir été vaccinées, mais aussi après avoir été malades. C'est ce que montrent de nouvelles données issues d'études scientifiques.
Administrativement parlant, il reste pourtant un écart de traitement: le CovidCheck des personnes vaccinées a une validité plus longue que celui des personnes guéries. En effet, le pass sanitaire des personnes ayant contracté le virus est valable six mois. Celui des personnes vaccinées le sera un an.
Notre collègue de RTL, Pierre Jans, a rencontré récemment un couple qui dénonce cette différence de traitement.
Edith et Fränz Ludes ont tous les deux un taux relativement élevé d'anticorps.
L'infirmière retraitée a eu le Covid-19, avec des symptômes importants, en mars 2020. Son époux n'a lui jamais été testé positif, mais il a des anticorps. Il a donc très probablement été infecté au début de la pandémie, mais sans symptômes. A intervalles réguliers, ils ont fait réaliser des tests sérologiques pour mesurer leur niveau de protection naturelle.

Un test sanguin, que le couple a fait deux jours avant l'interview, indique que Fränz Ludes a 162 unités d'anticorps. Les premières expériences montrent que 50 à 80 suffisent pour une protection efficace. Chez Edith Ludes, la valeur dépasse même 250.
"J'ai beaucoup d'anticorps. Mon mari et moi, nous avons fait l'expérience que nos valeurs ont même encore augmenté. Quand nous sommes en contact avec le virus, nous réagissons. Je ne vois pas le sens de la vaccination si j'ai encore autant d'anticorps."
L'augmentation de leur taux d'anticorps laisserait effectivement supposer que le couple a entretemps été à nouveau en contact avec le virus et que leur immunité a joué.
Des chercheurs de Leipzig ont découvert dans le cadre du projet Saxcov, que la protection immunitaire dure longtemps une fois qu'une personne a surmonté l'infection. Chez des personnes qui, comme la famille Ludes, ont été malades lors de la première vague, les scientifiques ont pu prouver que les anticorps diminuent généralement avec le temps, sans toutefois signifier que ces personnes perdent leur immunité. Car une fois exposée au virus, les cellules du corps se comportent bien et peuvent rapidement produire de nouveaux anticorps.
Plus d'un an après l'infection, Edith et Fränz Ludes ont encore beaucoup d'anticorps. Pourtant aucun d'eux n'a de certificat CovidCheck.
"Je trouve tout cela injuste. Je ne comprends pas pourquoi, pour nous, il n'est valable que six mois et pas plus longtemps. Pour la vaccination, c'est directement un an. Mais personne ne contrôle si la vaccination fonctionne", se plaint Edith Ludes. Son époux lui donne raison: "Je ne trouve pas ça juste, non."
Le Directeur de la Santé, le docteur Jean-Claude Schmit, explique: "Il y a là des situations qui ne sont peut-être pas très logiques d'un point de vue médical, mais c'est une décision européenne."
RTL a demandé au Premier ministre si le nombre d'anticorps ne pourrait pas être inclus comme nouveau critère pour obtenir le CovidCheck. "Des discussions sont en cours. Nous avons chargé le Conseil supérieur des maladies infectieuses de rassembler des informations sur ce point. C'est aussi valable pour une troisième vaccination. Mais cela doit être coordonné au niveau européen. Si les anticorps pouvaient devenir une norme européenne, cela profiterait certainement aux citoyens."
Cela réjouirait notamment la famille Ludes. Malgré leur situation, Fränz et Edith assurent ne pas être opposés à la vaccination. "Je trouve que tous les autres vaccins classiques, comme celui contre le tétanos, sont utiles. Et je trouve aussi bien le vaccin contre le coronavirus pour les gens qui n'ont pas encore eu le virus et qui n'ont pas d'anticorps."
Le reportage en luxembourgeois de nos collègues de RTL: