
"La liste d'attente est terriblement longue (...), mais nous n'avons simplement pas assez pour proposer quelque-chose aux gens," a déclaré mercredi matin sur RTL le directeur du Fonds du Logement, Jacques Vandivinit. Il ne serait pas vraiment possible de juger l'activité du Fonds seulement sur le nombre de logements mis sur le marché par an. Les chiffres bruts semblent effectivement peu. En 2020, le Fonds du Logement a achevé 82 habitations, 41 en 2019. Largement insuffisant pour répondre à la forte demande. Actuellement, plus de 4.000 ménages attendent un logement.
Cela indiquerait à quel point la "détresse" des gens est grande, selon Jacques Vandivinit. A l'accueil, on rencontrerait souvent des gens qui vont très mal.
En 2020, le Fonds a procuré un logement à plus de 200 personnes en construisant, en rénovant et en relogeant. Il ne serait cependant pas évident de créer des logements plus rapidement. Même si le Fonds du Logement dispose de suffisamment de terrains pour construire durant les 10 à 15 prochaines années.
Selon l'Observatoire de l'habitat, le Fonds fait partie des acteurs disposant du plus grand patrimoine foncier constructible au Luxembourg et arrive troisième dans le classement publié fin janvier par le ministère du Logement, derrière la société Arendt&Fischbach et la Ville de Luxembourg. 120 hectares seraient actuellement en projet ou en cours d'aménagement, selon Jacques Vandivinit. Les réserves de terrains constructibles représentent même plus de 200 hectares. Une partie de ces terrains est toutefois destinée à l'espace public.
De nombreux terrains devraient encore être aménagés, décontaminés. Les terrains mis à disposition du Fonds du Logement ne seraient en effet pas toujours "les plus beaux terrains", mais plutôt des friches comme à Dudelange et Wiltz. "Une belle prairie bien propre, où tout se trouve déjà", serait plutôt rare.
Il faudrait ajouter à cela le manque actuel de main d'oeuvre et les retards dans les livraisons de matériaux. Et il serait de plus en plus difficile de trouver des entreprises de construction pour participer à des appels d'offres publics.
Jacques Vandivinit ne veut pas comparer le Fonds du Logement avec l'autre promoteur public, la Société nationale des habitations à bon marché (SNHBM). Les modes de fonctionnement seraient très différents. Le Fonds gère notamment plus de 2.000 logements locatifs et sur 150 salariés, 30 travailleraient dans la construction. Plus du double seraient là pour encadrer les locataires et assurer la surveillance technique des immeubles. Le Fonds serait aussi en train de renforcer ses effectifs, mais du personnel est recherché partout.
L'objectif concret du Fonds du Logement est d'amener sur le marché en moyenne 150 logements dans les cinq prochaines années. Il est prévu d'aller encore plus loin ensuite. A condition que le marché l'accepte. En effet, le Fonds ne construit pas lui-même, mais en collaboration avec des entreprises de construction privées. Avec des projets de grande envergure tels que "Neischmelz" à Dudelange et "Wunne mat der Wooltz" notamment, ce sont plus de 4.600 logements qui sont visés à moyen et à long terme.
A Wiltz, les premiers logements seraient disponibles au plus tard dans deux ans.
La nouvelle cité Syrdall avec ses 160 logements devraient donner de premiers résultats dans les prochaines années. Le projet "Neischmelz" est pour l'instant fixé à 2035.