
Personne n'ose affronter Maria Teresa: ni le personnel, ni le maréchal de la Cour, ni même le Grand-Duc. En d'autres termes: la Grande-Duchesse fait ce qu'elle veut.
Le Lëtzebuerger Land a publié un article sur la Cour grand-ducale ce vendredi. Selon le journaliste Pol Schock, le rapport de Jeannot Waringo pourrait faire basculer l'institution de la monarchie luxembourgeoise dans une grave crise.
Jeannot Waringo, haut fonctionnaire à la retraite, analyse sur demande du Premier ministre les comptes et la gestion du personnel de la Cour. Il dispose d'un bureau au palais qu'il occupe tous les jours. Son rapport devrait être rendu dans plusieurs semaines à Xavier Bettel.
Le magazine d'informations en ligne Reporter avait déjà relaté le départ de la Cour d'une trentaine de collaborateurs depuis 2015, un tiers du personnel. En réalité, il devrait même y avoir plus de départs au sein de la Cour grand-ducale qui est financée directement par le budget du ministère d’État. Les frais de personnel s'élèvent à 11 millions d'euros et représentent la plus grande partie du budget.
La sonnette d'alarme aurait été tirée directement depuis le palais, selon le député Alex Bodry (LSAP). D'autres sources estiment que le maréchal de la Cour, Lucien Weiler ou le chef de Cabinet Michel Heintz, auraient alerté le Premier ministre.
Les problèmes à la Cour émaneraient en grande partie de la Grande-Duchesse. C'est elle qui tiendrait les rênes et qui aurait toujours le dernier mot concernant le fonctionnement de la Cour. Le personnel devrait deviner ses moindres désirs, supporter ses humeurs et être disponible à n'importe quel moment.
Toujours selon le Land, seul le Premier ministre aurait le courage d'affronter la Grande-Duchesse. Elle aurait aimé s'entretenir de l'actualité avec Xavier Bettel comme c'était le cas avec Jean-Claude Juncker, mais l'actuel Premier a rapidement rompu cette tradition dès son arrivée au pouvoir. Selon des sources internes, les murs auraient tremblé après cette décision.
L'hebdomadaire va plus loin et émet même la possibilité d'une abdication du Grand-Duc après la publication du rapport, toujours en se basant sur des sources internes au Palais. Le Grand-Duc héritier et sa femme, qui attendent un heureux événement, seraient d'ailleurs déjà pratiquement prêts à prendre leurs futures responsabilités.