
C'est à la Chambre des députés que les suites de l'affaire ayant entraîné le retrait de Carole Dieschbourg, vont se décider. Elle est notamment accusée de favoritisme en faveur de l'ex-député-maire de Differdange, Roberto Traversini, dans l'affaire de "l'abri de jardin".
La balle est à présent dans le camp de la Chambre, mais pas encore pour décider d'une mise en accusation. Il faut d'abord charger la police judiciaire d'entendre l'ex-ministre de l'Environnement. Tout comme elle l'a elle-même souhaité. La présidente du groupe parlementaire des Verts, Josée Lorsché, en arrive à la conclusion que sa collègue de parti n'aurait pas été traitée de manière équitable jusqu'à présent:
"Elle ne connaît pas ce dossier, qui la concerne elle-même et elle ne l'a pas encore consulté. C'est pourquoi nous sommes d'accord, en tant que Chambre, de charger la police judiciaire de l'entendre."
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Avant d'en arriver là, en plus des membres du Bureau et de la Conférence des Présidents, l'ensemble des députés auront un aperçu du dossier. Le coprésident du groupe parlementaire CSV, Gilles Roth, explique:
"Il semble se dessiner que dans un proche avenir, la Chambre discutera de ce dossier à huis-clos. Et ensuite prendra une résolution en séance publique. Pour que, par exemple, le procureur ou la police judiciaire puisse être chargé(e) d'entendre la ministre."
Si la police poursuivait maintenant l'enquête, elle se rendrait passible d'une sanction, en raison des dispositions en vigueur dans la Constitution. C'est pour cette raison que le Procureur général s'est adressé à la Chambre des députés. Ce qui semble clair jusqu'à présent, ne le reste pas pour des démarches ultérieures.
Le député des Piraten, Sven Clement explique que "La Chambre doit lancer cette audition, consulter un rapport de la police judiciaire et puis, nous devrons voir la suite. Car pour moi, après la lecture du dossier, il reste un certain nombre de questions en suspens."
Par exemple, ce qui se passe après l'audition de Carole Dieschbourg. La Chambre peut-elle déposer d'autres requêtes? Une majorité est-elle nécessaire pour une telle décision? Tous les députés rappellent que la présomption d'innocence s'applique jusqu'à nouvel ordre.
"Y a-t-il quelque chose là-dedans, y a-t-il quelque chose qui reste en suspens, ou bien quelques personnes ont-elles seulement voulu se montrer malveillantes à l'égard de Madame Dieschbourg en lui imputant des choses qu'elle n'a pas faites?" interroge encore Sven Clement.
Cela reste en effet une possibilité. A la fin, on peut en arriver à un classement de l'affaire, ou le dossier sera transmis à la Cour supérieure de justice, qui fera ensuite son travail.
Le Président de la Chambre, le libéral Fernand Etgen, dit aussi que la Chambre a le pouvoir d'enquête et qu'il faut absolument que la présomption d'innocence et le secret de l'instruction soient garantis:
"En tout cas, c'est important pour nous. L'ex-ministre a droit à une enquête complète et il est important que nous l'entendions d'abord. Par conséquent, tous les députés doivent avoir accès au dossier. Et nous avons défini une première étape, où la Chambre va décider par résolution, lors d'une séance plénière à huis-clos, de charger directement la police judiciaire d'auditionner Madame Dieschbourg. Il est essentiel que cette instruction soit réalisée par les mêmes personnes qui ont enquêté dans l'affaire du député Traversini."
Fernand Etgen ne peut toutefois pas encore dire quelle serait la suite si on en arrivait à une mise en accusation. Il serait encore trop tôt pour en parler.