La "Craft Beer", que l'on peut traduire par la "bière artisanale", fait des émules... jusque dans les plus grandes brasseries. La tendance a ainsi inspiré la Brasserie de Luxembourg, située sur le site historique de Diekirch. Celle-ci a annoncé au début du mois de février lancer la première de ses trois "Craft Beer" inscrites à son calendrier 2023, en plus de la bière de Noël de fin d’année. Le marché de la bière évolue, les goûts aussi.
"Ce qu'on observe au Luxembourg, c'est que le marché de la Pils, donc la bière traditionnelle, diminue au profit de la bière spéciale" souligne Benjamin Dubois, commercial pour le groupe AB InBev, qui a racheté la Brasserie de Luxembourg en 2002. "La tendance "craft" et la tendance IPA sont vraiment à la mode actuellement. Donc, oui, nous avons voulu surfer sur cette nouvelle tendance en produisant notre propre bière craft au Luxembourg" appuie le directeur de la production, Laurent Muls.
La première "Craft Beer" de la Brasserie de Luxembourg est donc de type IPA, pour "India Pale Ale", basée sur une fermentation haute et censée se différencier des autres bières par sa forte amertume liée à l'utilisation de houblons supplémentaires. En l'occurrence, deux variétés de houblon ont été ajoutées aux deux nécessaires à l'élaboration de la "Diekirch Premium" (la blonde traditionnelle de la brasserie), afin d'obtenir cette fameuse première bière "artisanale" à 4,7% d'alcool.
La définition de bière artisanale est néanmoins multiple. Dans le cas des "Craft Beer" de Diekirch, on est loin de l'image de la bière brassée à la maison grâce à des kits de brassage ou dans des micro-brasseries rustiques. La Brasserie de Luxembourg profite de ses installations industrielles pour produire ses bières spéciales en plus petite quantité. "Cela nous permet de faire des petits brassins de 150 hectolitres et de tester de nouveaux houblons" précise Benjamin Dubois.
Particularité de ce projet baptisé "Craft by Diekirch" : celui-ci est basé sur les retours des consommateurs qui ont l'opportunité, via un QR code menant à un formulaire en ligne, de porter un regard critique sur ces breuvages disponibles uniquement dans le secteur de l'Horeca, c'est-à-dire dans une soixantaine de bars du Luxembourg. "Notre souhait, c'est de renforcer notre ancrage local. Le meilleur avis, c'est celui du consommateur" ajoute Benjamin Dubois. La deuxième et la troisième bière artisanale de la brasserie, proposées au deuxième et troisième trimestre, dépendront ainsi des remarques des amateurs de bière du pays.
Dans un bar de Luxembourg-ville, nous avons sondé un consommateur luxembourgeois, plutôt habitué à consommer de la bière blonde. La Craft Beer de Diekirch, qu'on lui a tendue, a été à son goût mais "elle est similaire aux bières blondes que j'ai l'habitude de boire." Il y a trouvé des notes "sucrées", plus que des notes d'amertumes.
Une première "craft beer" hybride ? Benjamin Dubois répond : "le marché luxembourgeois reste un marché de bière Pils (ndlr: bière blonde) mais on a cette diversité culturelle qui nous amène des consommateurs d'un peu partout dans le monde. On a donc fait en sorte que ce premier essai réponde aux attentes des deux types de clients." Tester, recommencer et innover: le projet de la Brasserie de Luxembourg ne fait que commencer.