
Il a quitté la scène politique fin 2019 et, même s'il conserve un bureau à Bruxelles et au Luxembourg, c'est un nouveau chapitre qui s'ouvre à lui.
Sa vie, les valeurs qu'il défend depuis son adolescence, sa carrière politique nationale et internationale remplie d'anecdotes avec les puissants de ce monde, sa relation avec les médias ou avec les chiffres, ses méthodes de travail et de négociation, les moments forts et les défaites... Jean-Claude Juncker s'est livré à une interview honnête et complète auprès de Caroline Mart dans l'émission "Kloertext" sur RTL Télé Luxembourg.
Ses amis comme ses détracteurs sont unanimes: il s'agit d'une homme politique hors du commun dont le talent s'est manifesté dès le plus jeune âge. À 28 ans, Jean-Claude Juncker devient secrétaire d’État, sans avoir été élu à l'époque. Il avait gravi les échelons du monde politique tout seul et qui n'était pas prêt à le quitter. Il n'a d'ailleurs jamais oublié ou renié ses origines, à l'ombre des hauts fourneaux de l'usine sidérurgique dans laquelle travaillait son père.
"Mon père m'a appris la définition de la hiérarchie. Qu'elle ne correspondait pas aux gens si elle n'était pas spontanée." Son père lui a transmis la passion de l'engagement social: "le travail est plus que du travail, c'est une partie de la vie", a souligné celui qui a toujours beaucoup travaillé tout au long de sa vie.
"J'ai toujours eu l'habitude d'étudier mes dossiers avec précision. En tant que Premier ministre, je n'aimais pas vraiment les idioties", une remarque typique de Juncker. "On ne devient pas ministre pour soi-même, et on doit le rester, même si le succès n'est pas toujours au rendez-vous".
Il précise ne pas être rancunier, mais l'homme à la mémoire d'éléphant a toujours du mal à digérer les élections de 2013: "quand on est de loin le parti le plus fort, on n'a pas perdu les élections". La trahison du LSAP et le fait que plus personne ne lui adressait la parole sont des sentiments qu'il ressent encore aujourd'hui: "je voulais rester ministre d’État, je ne voulais pas devenir président de la Commission européenne. J'aurais préféré voir cinq années de plus en tant que ministre d’État dans ma biographie".
Malgré cette déception, il a grandement profité de la tribune européenne tout en la servant et en l'utilisant du mieux qu'il pouvait.L'ancien Premier ministre adore raconter des anecdotes sur les autres: "nous avons souvent ri des autres avec Jacques Chirac, parce qu'il aimait décrire les autres personnes présentes. Madame Merkel adore imiter ses collègues et confrères, sans se moquer, elle est une imitatrice au talent exceptionnel".
Concernant son propre style personnel et très commenté, il affirme qu'il a décidé à un moment qu'il était trop âgé pour changer complètement. Il a donc tout naturellement utilisé sa manière très peu conventionnelle avec succès dans les négociations ou les discussions importantes.
Va-t-il laisser la politique définitivement de côté ou pense-t-il déjà à un retour sur la scène nationale? Jean-Claude Juncker répond très calmement à cette question en précisant que dans la vie, il ne faut jamais rien exclure de manière définitive, mais qu'il souhaite en rester là: "j'ai assez donné!"
Charles Goerens, ancien ministre DP résume très bien la personnalité et la vie de Jean-Claude Juncker: Il était, est et restera un animal politique.
L'ancien président de l'OGBL John Castegnaro le décrit quant à lui comme une "bête de travail".